Des investigateurs de la police provinciale du Que(bec regardent le vandalisme sur le caveau de l'ancien premier ministre Pierre Trudeau le samedi 26 avril, 2008. LA PRESSE CANADIENNE/ Peter McCabe
MONTREAL - Le caveau où repose l'ancien premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau, au cimetière de Saint-Rémi, en Montérégie, a été profané jeudi ou vendredi.
La Sûreté du Québec (SQ) a ouvert une enquête. Elle ne détient aucun suspect. Aucune revendication des auteurs du vandalisme n'a été faite. Toutefois, plusieurs informations ont été acheminées à la SQ qui les a traitées avec beaucoup d'attention.
Le ministre responsable de l'Agence Parcs Canada, John Baird, a été informé de ces actes de vandalisme tard vendredi.
Des graffitis à connotation haineuse et politique ont été inscrits à l'aide de peinture noire. On peut lire sur le mausolée, où repose également le père de l'ex-premier ministre: traître, bâtard, FLQ et cellule Papineau.
Cet acte de vandalisme aurait ainsi été perpétré quelque 45 ans après l'explosion de cinq bombes dans le quartier Westmount, le 26 avril 1963, selon le site Internet www.independance-quebec.com.
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a dénoncé le fait. "Je pense que ceux et celles qui sont témoins d'un geste comme celui-là voudront rapidement le dénoncer."
De son côté, le grand ami de Pierre Elliott Trudeau, Marc Lalonde, a qualifé les auteurs de la profanation de têtes brûlées. "C'est totalement absurde de leur part. Je suis sûr que les Québécois et les Canadiens dans leur ensemble vont tous unanimement réprouver ce genre de geste."
Le ministre Baird dit avoir demandé à l'Agence de prendre action le plus rapidement possible pour assurer le nettoyage du site. Il affirme avoir contacté la famille Trudeau pour l'assurer que le nécessaire serait fait afin que le site retrouve son aspect original.
John Baird conclut qu'il est important de protéger le dernier lieu de repos des premiers ministres canadiens et que ces lieux devraient, en tout temps, recevoir le respect et l'honneur qu'ils méritent.
Pour sa part, le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Jean Dorion, qualifie l'incident de déplorable. Même s'il dit n'avoir aucune sympathie pour le souvenir et surtout l'héritage de Pierre Elliott Trudeau, Jean Dorion insiste sur le fait qu'on ne peut bafouer un lieu de sépulture, sous aucun prétexte.
Pierre Elliott Trudeau est décédé le 28 septembre 2000, à l'âge de 80 ans. Il avait eu droit à des funérailles nationales, à la basilique Notre-Dame de Montréal, en présence de toute la classe politique de l'époque. Plusieurs dignitaires étrangers étaient également présents, dont le président cubain, Fidel Castro, l'ex-président américain Jimmy Carter, et l'ancien premier ministre français Raymond Barre.
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