OTTAWA - Les libéraux soutiennent que le ministre des Transports, Lawrence Cannon, devrait être suspendu de ses fonctions le temps que les enquêtes sur les dépenses électorales du Parti conservateur soient terminées et leurs conclusions connues.
M. Cannon fait partie d'une poignée de conservateurs qui, de l'avis des libéraux, auraient pu jouer un rôle un peu plus actif dans l'organisation des transferts et sorties de fonds dans les comptes bancaires des candidats conservateurs lors de l'élection de 2006.
Outre M. Cannon, le Parti libéral réclame aussi la suspension de Michael Donison, actuel conseiller du leader parlementaire Peter Van Loan, et de Patrick Muttart, chef de cabinet adjoint du premier ministre Stephen Harper.
En conférence de presse, jeudi, le député libéral Dominic LeBlanc a fait valoir que les noms de ces personnes sont mentionnés dans le mandat qui a mené à la perquisition de documents, la semaine dernière, au quartier général du Parti conservateur. M. Cannon ne serait pas un simple "participant innocent", croit M. LeBlanc, et aurait été au courant du stratagème élaboré.
"Nous ne suggérons pas que M. Cannon ait fait quelque chose d'illégal, a déclaré le député libéral de Beauséjour. Ce qui nous inquiète, c'est que son nom est sorti dans des documents présentés à la cour comme étant possiblement quelqu'un qui était impliqué à mettre sur pied ce stratagème."
Le nom de M. Cannon apparaît effectivement dans les documents déposés en cour pour appuyer la demande de mandat de perquisition. Il est souvent dans la liste des destinataires des courriels où il est question des budgets de publicité de candidats conservateurs au Québec.
Jeudi, le ministre Cannon était présent au discours de son chef à Laval mais il a évité de s'adresser aux journalistes qui, pourtant, étaient nombreux sur place. M. Harper ne s'est pas non plus montré le bout du nez devant les médias.
Le ministre de Développement économique Canada pour les régions du Québec, Jean-Pierre Blackburn, est cependant venu à la défense de son collègue.
"Ce serait porter un préjudice aux personnes (de les suspendre de leurs fonctions). C'est la cour qui tranchera la question. Nous, nous sommes convaincus que nous avons agi selon les règles", a commenté le ministre Blackburn en marge d'un événement qui se déroulait à Ottawa.
M. Blackburn est le seul député conservateur du Québec élu en janvier 2006 à ne pas se retrouver sous la loupe d'Elections Canada.
Lors de l'élection de 2006, le Parti conservateur a transféré des milliers de dollars dans les comptes bancaires de 67 candidats, de l'argent qui était aussitôt retourné à la maison mère pour l'achat de publicités. Le problème, c'est qu'il s'agissait de publicités nationales et Elections Canada prétend que les dépenses auraient dû être imputées au Parti conservateur et non aux candidats locaux.
Le stratagème aurait permis au parti d'excéder de 1,2 million $ le plafond de dépenses allouées en vertu de la loi électorale. Devant les faits, le commissaire aux élections fédérales à ouvert une enquête.
Les conservateurs contestent cette interprétation et tentent d'obtenir gain de cause devant les tribunaux. Ils font valoir que tous les partis agissent de cette façon et qu'ils sont victimes de discrimination.
En plus de la suspension de certains représentants, le Parti libéral souhaite que les conservateurs rendent publiques toutes les publicités et les détails de leur diffusion et demandent à la Gendarmerie royale du Canada de jeter un coup d'oeil aux aspects qui pourraient contrevenir au Code criminel.
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