OTTAWA - Le policier de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui a fait enquête sur l'ancien commissaire fédéral à la vie privée, George Radwanski, affirme que ses supérieurs n'ont pas interféré avec l'enquête qui a éventuellement débouché sur des accusations criminelles.
Radwanski a dit craindre que l'enquête de la GRC n'ait été influencée par ses nombreux accrochages avec l'ex-commissaire de la GRC, Giuliano Zaccardelli.
En Cour supérieure de l'Ontario, à Ottawa, le surintendant Al Mathews a toutefois affirmé mardi que M. Zaccardelli n'avait jamais discuté avec lui de ce dossier politiquement explosif, et qu'il ne lui avait donné aucune directive quant à la manière de mener l'enquête.
"La responsabilité de gérer le dossier m'appartenait, a déclaré M. Mathews au juge Paul Bélanger. S'il y avait eu la moindre directive de la part du commissaire, nous aurions été très préoccupés (mais) cela n'est jamais arrivé."
Radwanski a quitté son poste de commissaire sous pression en 2003. Il fait maintenant face à des accusations de fraude et d'abus de confiance, relativement à des comptes de dépenses soumis pendant qu'il était en poste.
Son avocat, Michael Crystal, qui demande un arrêt des procédures contre son client, estime que la GRC aurait dû se retirer du dossier et confier l'enquête à un autre corps policier, en raison d'un conflit d'intérêts potentiel.
Alors qu'il était commissaire à la vie privée, Radwanski a livré bataille à la GRC au sujet d'un projet pilote dans le cadre duquel la force de police a eu recours à une caméra vidéo afin de surveiller une rue du centre-ville de Kelowna, en Colombie-Britannique.
Radwanski a également raconté avoir pris part à une réunion de hauts fonctionnaires lors de laquelle il a pris à partie M. Zaccardelli au sujet d'anciennes atteintes aux libertés civiles commises par la GRC contre des souverainistes québécois.
La réaction de M. Zaccardelli, a indiqué Radwanski, a été de le pointer du doigt et de dire: "C'est un affront, et je ne l'oublierai pas".
Radwanski a par la suite été stupéfié d'apprendre que l'enquête à son sujet avait été baptisée Projet Affront, cela lui faisant craindre que la GRC cherchait à "avoir ma peau".
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