VANCOUVER - Le médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique a estimé dimanche que la décision rendue par un tribunal de l'Ohio, qui a ordonné le retrait de toute référence à l'arme Taser dans les résultats d'autopsie, constituait une "ingérence épouvantable".
Le principal médecin légiste des Etats-Unis a de son côté jugé que la décision de la cour, rendue la semaine dernière, était "dangereusement proche de l'intimidation".
Toutefois, les responsables de l'enquête publique actuellement en cours en Colombie-Britannique sur l'utilisation de l'arme Taser ont indiqué que leur investigation se poursuivrait et que leurs conclusions ne seraient pas influencées.
Art Vertlieb, conseiller de la commission d'enquête, a affirmé que la première phase de cette enquête - portant sur l'aspect médical, l'usage fait par la police de l'arme Taser, la formation et d'autres questions générales relatives au pistolet à impulsion électrique - ne donnerait pas lieu à une décision défavorable.
Toutefois, il pourrait en être autrement de la deuxième phase, devant servir à faire la lumière, à l'aide de témoignages, sur les circonstances de la mort de Robert Dziekanski à l'Aéroport international de Vancouver, l'automne dernier.
"Une fois que nous allons nous pencher sur ce qui est arrivé à l'aéroport, ça va être différent. Ca va être une vraie enquête dans un sens plus conflictuel", a indiqué M. Vertlieb.
Le fabricant de l'arme Taser a intenté une poursuite contre la médecin légiste d'un comté de l'Ohio après qu'elle eut avancé que le recours au pistolet à impulsion électrique avait été un facteur ayant contribué à trois décès dans le territoire sous sa juridiction.
Robert Dziekanski, immigrant polonais de 40 ans est mort aux petites heures du jour, le 14 octobre dernier, après avoir été atteint de décharges de pistolet à impulsion électrique et avoir été plaqué au sol à l'Aéroport international de Vancouver.
La police s'est servie de l'arme Taser moins de 30 secondes après être intervenue auprès de M. Dziekanski, agité et en sueur, qui passait sa frustration sur le mobilier de l'aéroport après neuf heures passées sur place.
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