Paul Martin, un an plus tard
Député de LaSalle-Émard jusqu'aux prochaines élections mais il ne sera pas candidat
Un peu plus d'un an après la défaite du Parti libéral aux mains des Conservateurs, le député de LaSalle-Émard et ex-premier ministre du Canada, Paul Martin, sort de l'ombre. Dans une entrevue exclusive, il affirme qu'il poursuivra son mandat de député jusqu'à la prochaine élection, même si elle devait se tenir dans plus d'un an, mais il confirme du même souffle qu'il ne sera pas candidat lors du prochain rendez-vous électoral.
«Je suis toujours député et je vais l'être jusqu'aux prochaines élections. Mais je n'ai pas l'intention de me représenter. Mon rôle principal, c'est d'être le député de LaSalle-Émard et je reste très présent dans le comté.» Paul Martin a été élu une première fois comme député de LaSalle-Émard en 1988 et réélu à chaque élection subséquente. De 1993 à 2002, il a été ministre des Finances. Le 14 novembre 2003, il est devenu le 12e chef de l'histoire du PLC et un mois plus tard, il était assermenté à titre de 21e premier ministre de l'histoire canadienne. Premier ministre pendant 17 mois, son gouvernement minoritaire a été renversé. Engagé dans sa sixième campagne électorale, sa deuxième comme chef du PLC, Paul Martin a tenté de convaincre les électeurs de lui donner une seconde chance au scrutin de janvier 2006 mais ce fut peine perdue. Une défaite cruelle et sans pitié. Le scandale des commandites a laissé de profondes cicatrices, tout comme l'héritage de Jean Chrétien et l'usure du pouvoir. L'hécatombe a été évitée, le parti faisant élire 105 députés. @ST:Des regrets? @R2:Paul Martin a-t-il des regrets? «Pas pour la campagne électorale. Mais je regrette le fait qu'une fois au pouvoir, les Conservateurs ont renié leurs engagements. Ils nient Kyoto et je trouve ça inacceptable. Ils refusent de financer l'entente sur les garderies, la santé et l'éducation. En politique étrangère, ils n'ont aucune vision. Ils ne parlent que de l'Afghanistan et ne font rien en Afrique ou en Amérique latine». @R:Est-ce une erreur d'avoir pris la direction du Parti libéral avant l'éclatement du scandale des commandites? «Je suis devenu premier ministre parce qu'il y a des choses que je voulais accomplir. Que ce soient les garderies, les baisses de taxes ou l'attaque contre les changements climatiques, tout ce que j'ai mis en place va arriver. Pour le scandale des commandites, il y avait un problème, je l'ai affronté directement et je l'ai réglé. J'ai créé la Commission Gomery parce que pour moi, la politique, c'est une question d'intégrité. Je suis fier de ce que j'ai fait comme premier ministre, comme ministre des Finances et comme député.» @ST:Sur la scène internationale @R2:Paul Martin consacre beaucoup d'efforts aux communautés autochtones du Canada et à divers dossiers d'ordre international. «J'ai pris certains dossiers des Nations-Unis en Afrique. Je me concentre sur deux en particulier. Un premier concerne l'union africaine et la banque de développement et le second touche le Congo. Le rôle d'un ex-premier ministre devrait être de travailler à de tels dossiers où il y a beaucoup de chemin à faire. Lorsqu'on regarde la pauvreté en Afrique et dans nos communautés autochtones, impossible de nier son importance.» @R:Paul Martin a appuyé la motion libérale demandant le rapatriement de nos soldats en mission en Afghanistan en 2009 mais qui a été défaite. «Le gouvernement nous dit que nous pourrions être là pour une quinzaine d'années et ce n'est pas acceptable.» @ST:Le PLC, le Québec et sa famille @R2:Paul Martin soutient que son successeur à la tête du Parti libéral, Stéphane Dion, s'acquitte très bien de sa tâche. «Je suis convaincu qu'il va reprendre le pouvoir. Il joue très bien son rôle de leader de l'Opposition et j'ai de bonnes relations avec lui.» @R:Que pense-t-il des résultats du scrutin provincial et de la montée de Mario Dumont? «J'aurais préféré l'élection d'un gouvernement libéral majoritaire mais pour la première fois depuis belle lurette, nous avons non seulement le parti au pouvoir mais aussi le principal parti de l'Opposition qui appuient le Canada». Paul Martin et son épouse Sheila-Ann sont les parents de trois fils (Jamie, Paul Junior et David). Depuis septembre 2006, M. Martin vit un grand bonheur puisqu'il est grand-papa pour la première fois. «Je travaille encore autant qu'avant mais quand j'ai un peu de temps libre, je le passe avec ma famille et mon petit-fils et j'adore ça».