Faire ce qu'on peut
Dans un milieu comme celui-ci, rares sont ceux qui n'ont jamais entendu parler des défis environnementaux. Il ne se passe jamais un mois sans qu'au moins un lecteur de ce journal ne fasse état de ses inquiétudes ou de ses suggestions en rapport avec la protection de l'environnement.
Les résidants de L'Île-des-Sœurs habitent dans un endroit où les arbres, la verdure occupent beaucoup d'espace. Ils jouissent en outre du privilège d'habiter dans un lieu baigné par un fleuve magnifique et peu affecté par la pollution atmosphérique. Ils en sont fiers, à juste titre, et ils voudraient que ça ne change pas.
Quand on prend connaissance des manchettes des grands médias, on a toutes les raisons de s'inquiéter. Les moins pessimistes parlent de graves perturbations atmosphériques qui menacent la survie des êtres humains, avant la fin du siècle. Des experts en environnement soutiennent même que les changements climatiques affecteront la qualité de vie des gens dans une ou deux décennies. Déjà, la population de toute la région montréalaise doit subir, plusieurs fois par année, des nuages de « smog » qui prennent des journées à se dissiper.
Depuis des mois, au Parlement, les grands partis politiques s'affrontent sur les mesures à prendre pour contrer les menaces environnementales. Le protocole de Kyoto est jugé insuffisant par les uns, inatteignable par les autres et, pendant qu'on tergiverse, les problèmes continuent à prendre de l'ampleur sans qu'on adopte de véritables solutions. Il y a au moins un point sur lequel on est tous d'accord, c'est pour soutenir que les problèmes environnementaux affectent la terre entière et que tous les pays du monde devraient faire leur part pour les résoudre. Beau défi, dans un contexte où l'on continue de faire sauter des bombes, de lancer des missiles, pour tuer des milliers de gens, en invoquant, pour se justifier, des motifs religieux!
Il y a moins d'un mois, j'avais l'occasion de rencontrer de jeunes élèves d'une classe de l'école primaire Île-des-Sœurs qui exprimaient leurs préoccupations pour la qualité de leur milieu de vie. Ce qui m'a le plus impressionné, dans leurs interventions, c'est de constater qu'ils avaient déjà commencé à poser eux-mêmes des gestes pour améliorer la situation: économiser l'eau courante, éteindre les lumières lorsqu'elles ne servent pas, ramasser un bout de papier par terre, etc.
Je pense que ces enfants de huit ou neuf ans sont beaucoup plus efficaces que la majorité de leurs aînés, dans la lutte pour la protection de la planète. Leurs moyens sont limités, mais ils les exploitent au maximum, sans se fier uniquement aux « autres »... Si tous ceux de leur âge continuent dans la même voie, les dangers qui menacent la terre entière seront considérablement atténués, dans dix ou quinze ans.
Je reste convaincu que les adultes d'aujourd'hui peuvent poser immédiatement des gestes tangibles pour réduire, sinon éliminer, les menaces décrites par tous les spécialistes. Au lieu de condamner ce qui ne se fait pas, pourquoi ne pas agir soi-même, dans la mesure de ses moyens? Pourquoi jeter des papiers, des mégots de cigarettes par terre, sur les trottoirs ou en bordure des routes? À défaut de pouvoir profiter de transport en commun efficace, pourquoi ne pas opter pour une voiture hybride, lors du prochain achat d'un véhicule? Pourquoi ne pas éteindre immédiatement le Bar-B-Cue lorsqu'on a fini de faire cuire son steak ou son poisson?
Au lieu de consacrer autant d'énergie à condamner ce qui ne se fait pas, il serait beaucoup plus utile, à mon avis, de faire sa part, si petite soit-elle, pour améliorer la situation. Les élus, les chefs d'entreprise, sont aussi des êtres humains et ils seront affectés, eux aussi, par les catastrophes qui sont annoncées. Et, parmi ceux qui occuperont ces fonctions, dans quelques années, il y a nos fils et nos filles (nos petits-fils, nos petites-filles) qui auront compris, si on leur en donne l'exemple, dès maintenant, tout ce qu'ils peuvent faire pour le mieux-être de l'humanité.