Jacques Trudel, conseiller en communication de la Caisse populaire Desjardins de LaSalle. (Photo: Magalie Dagenais)
Cibler la tête et le cœur
Midi-conférence de la Chambre de commerce et d’industrie du Sud-Ouest avec Jacques Trudel
Plusieurs ouvrages existent sur l’art de parler en public et concernant les communications dans les entreprises. Mais quoi de plus efficace que de demander la contribution vivante d’un expert en communication? C’est ce qu’a fait la Chambre de commerce et d’industrie du Sud-Ouest de Montréal en fin de semaine dernière en invitant le conférencier Jacques Trudel.
En communicateur averti et habitué des grands publics, Jacques Trudel reconnaît que «la nervosité n’est pas dans le nombre, mais dans la façon de voir». L’orateur en situation ne s’adresse pas à «une fois 144 personnes», mais plutôt à «144 fois une personne». Ainsi, «la perspective est différente, même si le total est le même». Selon le conseiller en communication de la Caisse populaire Desjardins de LaSalle, six échelles émotionnelles sont à prendre en compte quand arrive le temps de relever le défi de délivrer un message publiquement.
Dompter la nervosité
La première échelle de nervosité est celle du «pas bon ou 0», la deuxième concerne la fébrilité de l’orateur, la troisième est assimilée au trac, le stress représente l’échelle numéro 4, suivi du 5 qui est le grand stress. La sixième et dernière échelle, celle de la peur est à proscrire selon le conférencier, qui suggère de ne pas se présenter devant un public si l’on se retrouve à ce niveau-là. En revanche, lorsque l’orateur est fébrile, il se bonifie d’un fond d’adrénaline qu’il pourrait utiliser à son propre avantage. Jacques Trudel révèle qu’une trop grande nervosité pousse l’orateur public à une tendance à accélérer le débit de son propos, ce qui altère la qualité du message. De l’avis de M. Trudel, «il est important d’éviter d’ouvrir constamment des parenthèses au risque de perdre le fil de sa pensée». Aussi, les clichés, les jargons, les vocabulaires «passe-partout» à l’instar du populaire terme «proactif» sont à proscrire. À en croire le conseiller, un orateur public y gagne à se concentrer sur ce qu’il a dire et à bien se préparer avant de se présenter devant une foule de personnes. S’il positionne l’humour factice comme un tueur de propos, Jacques Trudel souligne aussi que l’humour naturel est un ingrédient essentiel à la réussite d’une intervention publique.
C’est dans la salle de réception Octogone du buffet Il Gabbiano que Jacques Trudel a livré la deuxième manche de sa conférence sur «L’art de parler en public…et les communications en entreprise». Le conférencier s’est adressé à un auditoire de plus de 120 hommes et femmes d’affaires venus nombreux l’écouter.
Se prêtant en exemple, il a expliqué combien c’est important de mentionner ses objectifs lorsque l’on prend la parole en public. Il a ainsi abordé premièrement quelques pièges à éviter lorsque l’on s’exprime devant un auditoire diversifié. En second lieu, M. Trudel a tenu à clarifier comment certains aspects des communications en entreprise peuvent influer sur la rentabilité de celle-ci.
Rentabiliser la communication
Conviant son public à retenir «une leçon magnifique», l’ancien enseignant en économie et directeur des communications du cégep André-Laurendeau conseille de «parler autant à la tête qu’au cœur», que l’on soit politicien, vendeur, ou homme d’affaires. Abordant les communications en entreprises, Jacques Trudel relève la nécessité pour les gestionnaires d’échanger régulièrement avec leurs employés, au lieu de se faire engloutir par la toile et «l’effet paradoxal de l’informatique». «Il suffit d’une panne d’ordinateurs dans une entreprise pour se rendre compte combien les personnes ont besoin de se parler», fait remarquer ce diplômé du collège Brébeuf et de l’Université de Sherbrooke en sciences économiques. Arguant qu’un bon gestionnaire est un bon communicateur, le conférencier de la Chambre de commerce et d’industrie du Sud-Ouest de Montréal rappelle qu’on gagne du temps à communiquer. Sous sa double casquette d’économiste et d’homme de communication, Jacques Trudel estime que l’amélioration des communications internes pourrait avoir «un effet incroyable» sur l’économie du Sud-Ouest.
Linda Fatigba