La santé mentale des résidents du Sud-Ouest sera étudiée par des chercheurs de l’hôpital Douglas. (Photo : Martin A. Chamberland)
Une première mondiale!
Radiographier la psychologie des gens du Sud-Ouest
L’étude qu’a entreprise une équipe de 13 chercheurs de L’Hôpital Douglas, sous la direction de Jean Caron, est une première mondiale. Les chercheurs tenteront de déterminer le profil psychologique de la population du grand Sud-Ouest (incluant Verdun et Lasalle) en combinant des données démographiques et des entrevues en profondeur.
D’une durée de cinq ans, l’étude permettra aux chercheurs de rencontrer, à deux reprises, les personnes sélectionnées, afin de constater l'évolution de leur profil psychologique, selon les événements qui marquent leur vie et l’évolution de leur milieu social. Un vrai portrait-robot sera alors tracé pour mieux comprendre les origines de la maladie mentale, ainsi que les facteurs aggravants ou adoucissants.
L’instigateur du projet, Jean Caron, ph.D., chercheur à l’hôpital Douglas, se réjouit de voir l’étude se réaliser enfin, lui qui en rêve depuis 20 ans! Collaborateur chevronné de certaines études de statistiques Canada, il connaît la méthodologie sur le bout de ses doigts et explique en quoi cette étude est si spéciale.
«Nous savons déjà que plusieurs dimensions influent sur la santé mentale, comme le soutien social, le milieu de vie, les revenus, le niveau d’éducation, l’histoire des troubles mentaux dans la famille, les événements de la vie (deuil, divorce, etc.). Avec cette étude, nous serons en mesure de faire les liens entre les maladies mentales et leurs diverses causes», explique-t-il.
Pour le chercheur, une chose est sûre, il existe bel et bien une corrélation entre pauvreté et augmentation de l’occurrence des problèmes de santé mentale.
Et le système d'information géographique dont il dispose pour cette étude, permettra de connaître, à partir du code postal, tous les paramètres environnementaux et sociaux qui entourent les sujets. Par exemple, le taux de chômage et le niveau d'éducation des environs, à quelques kilomètres près, seront pris en compte dans l’analyse, pour déterminer le voisinage de chaque sujet et ainsi, établir des liens entre environnement social et maladie mentale.
Améliorer les services
L'étude comportera aussi une section portant sur les perceptions des services en santé mentale. Les gens seront alors invités à discuter de leurs connaissances en la matière et de leur satisfaction à l’égard des services offerts.
«Tout cela va permettre d'adapter les effectifs, d’offrir des services plus adéquats et plus accessibles à la population, qui seront mieux ciblés et mieux organisés», explique le Dr Caron.
L’équipe de 13 chercheurs qui épaule Jean Caron, espère renouveler l’expérience pour un cinq ans supplémentaire, voire rendre cette observation permanente.
«Nous voudrions suivre ces gens indéfiniment, en les rencontrant tous les deux ans», indique Dr. Caron
Pour ce faire, une équipe de neuf personnes a été embauchée. Ces interviewers, iront rencontrer les gens dans le confort de leur foyer.
Les invitations à participer à l’étude ont déjà été envoyées, par la poste, aux foyers sélectionnés au hasard. Ensuite, les résidents seront contactés par téléphone par les interviewers pour déterminer une date de rendez-vous. Une seule personne du foyer pourra participer à l’étude, et elle sera tirée au sort.
«Le hasard nous permet d'assurer la représentativité de l'échantillon de population qui participera à l'étude», explique Jean Caron.
Alors rien ne sert de proposer votre candidature, les sujets étant choisis au hasard, ceux qui ont été contactés seulement feront partie de l’étude. Pour les autres, ils pourront bénéficier des analyses issues de ce projet gigantesque, dont les premières analyses de données devraient être disponibles dès 2009.