Prévention du suicide: urgence d’agir
Des personnalités des milieux politique, syndical, médical, artistique et de l’éducation ont uni leur voix, lundi, pour faire de la prévention du suicide une priorité au Québec.
Donnant le coup d’envoi à la 17e Semaine de prévention du suicide, ces porte-paroles ont livré des témoignages empreints d’émotions, mais surtout d’espoir, affirmant qu’il existe des pistes de prévention qui, ailleurs dans le monde, ont donné des résultats tangibles.
Le groupe réclame un plan d’action et des ressources financières accrues pour prévenir, outiller et responsabiliser toute la société face au suicide, une problématique qui, chaque jour, au Québec, pousse quatre personnes à s’enlever la vie. Le suicide, écrit le groupe dans une lettre d’opinion, «est devenu, avec le cancer, le deuxième problème majeur de santé publique.»
L’ex-premier ministre Bernard Landry, l’un des porte-paroles, et dont la compagne Chantal Renaud a perdu un fils à la suite d’un suicide, a déclaré que «la vie finit toujours par se terminer. C’est la fatalité. Mais le Québec doit empêcher que ces citoyens anticipent cette fatalité.»
Gaëtan Boucher, président-directeur général de la Fédération des cégeps, s’est dit très préoccupé par le fléau du suicide, révélant qu’en 2005-2006, 122 tentatives de suicides chez les étudiants avaient conduit à 13 suicides complétés.
Quatre recommandations
L’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), instigatrice de cette mobilisation, recommande de restreindre l’accès aux moyens de s’enlever la vie, parce qu’il devient ainsi moins probable qu’un suicide impulsif se produise.
L’organisme souhaite le déploiement du programme Les Sentinelles, par lequel des personnes sont formées pour reconnaître les signes de détresse chez les jeunes en vue de les orienter vers les ressources appropriées.
L’AQPS veut aussi faire la promotion de la ligne d’intervention téléphonique 1 866 APPELLE. Dans la Métropole, le même service, dispensé par Suicide Action Montréal.
Enfin, l’AQPS, avec l’exemple de la Norvège, croit qu’un réseau intégré de traitements serait efficace dans la réduction d’éventuelles tentatives de suicide.
Dans l’édition du Montréal Express encartée dans votre journal, vous trouverez un portrait de la problématique du suicide à Montréal.