Si la tendance se maintient...
Les récents sondages sur les intentions de vote, au Québec, démontrent hors de doute que le Parti Québécois a perdu des appuis. Tant chez Crop que chez Léger Maketing, les résultats démontrent que la popularité du PQ a chuté alors que celle du Parti libéral a augmenté.
Quand on compare ces deux enquêtes téléphoniques, on se rend compte que celle de Léger Marketing donne des résultats très différents de celle de Crop, en ce qui
concerne l’appui accordé à l’Action
démocratique du Québec, dirigée par Mario Dumont. Léger Marketing accorde 24%
d’appui à ce parti, alors que Crop lui en accorde seulement 13%. Cet écart est bien difficile à expliquer, mais il pourrait être dû au fait que le sondage de Léger Marketing a été réalisé sur une période de 10 jours (18 au 28 janvier 2007) alors que celui de Crop a été effectué entre le 25 et le 28 janvier. On peut en conclure que l’enquête de Léger Marketing a été davantage influencée par l’impact d’un autre sondage de cette même firme, celui sur les accommodements raisonnables, qui avait fait beaucoup de bruit, à la mi-janvier. M. Dumont a une position claire, sur cette question, et c’est peut-être ce qui lui a valu un regain de popularité. Dans le cas du sondage de Crop, les Québécois avaient eu le temps d’analyser d’autres points de vue et ont peut-être répondu plus
sobrement. On constate également que la popularité de l’ADQ démontrée dans le sondage de Léger Marketing se fait au
détriment de celle des deux autres grands partis.
Ces sondages, comme tous les autres, ouvrent la porte à bien des interprétations et celle que j’exprime ci-dessus n’a absolument rien de scientifique. Il reste que ces enquêtes démontrent clairement que le Parti Québécois a nettement régressé, dans la faveur populaire, depuis l’automne 2005. Si ces données reflètent bien la tendance, on pourrait même en conclure que le Parti libéral du Québec a de bien bonnes chances d’être reporté au pouvoir, s’il déclenche des élections au printemps.
Une chose me semble aussi bien claire. Le Québec s’apprête encore à porter au pouvoir un parti qui n’aura pas recueilli l’appui de la majorité des citoyens. Au mieux, le PLQ
pourrait recueillir 40% du vote, ce qui
laisserait 60% aux autres partis, mais le parti dirigé par Jean Charest serait quand même au pouvoir. Un revirement de situation pourrait faire pencher une division semblable en faveur du PQ ou même de l’ADQ, mais dans un cas ou l’autre, ce serait encore un
gouvernement qui n’aurait pas recueilli
l’appui de la majorité.
Il n’est donc pas étonnant d’entendre
constamment les citoyens se plaindre de leur gouvernement, au Québec. Dans un cadre où les gouvernements peuvent être portés au pouvoir avec à peine le tiers de l’appui
populaire, comment peut-il en être autrement?