« Employées demandé » ou comment ne pas respecter les citoyens.
(Sébastien-Méthot-Lambert) Le jour de Noël, je passais par le Super club Vidéotron afin de faire une location de film. Comme à beaucoup d’endroits, sur la vitre de la porte d’entrée se trouvait une affiche qui faisait mention d’un manque d’employés, la succursale offrant un emploi à celui ou celle qui amenait son curriculum vitae. Mon attention était fixée sur les fautes d’orthographe très explicites lesquelles, d’après moi, sont inacceptables pour un tel commerce. Je pense à deux causes : soit l’auteur du message écrit dans une langue seconde, en ce sens je conçois que l’on puisse faire des fautes d’usage, soit la personne a une connaissance pauvre de sa langue natale, alors elle aurait dû consulter une autre personne pour corriger le texte. Quoi qu’il en soit, l’affichage de textes non corrigés, bourrés de fautes, ne fait pas défaut dans la communauté de Ville-Émard. Laquelle, on le sait, n’est pas la plus aisée de la grande région de Montréal. Voici donc, concitoyens, les raisons qui me poussent à donner mon opinion sur un fait plus que divers, mais combien important à mes yeux; le non respect de la langue et de l’autre.
Non respect
Il y a trois raisons qui me poussent à critiquer l’administration du Vidéotron sur le boulevard Monk. La première concerne le respect de l’autre. Quand je me suis rendu au club vidéo en question, j’ai fait mention des erreurs d’orthographe à un des deux employés qui étaient au travail cette soirée-là. Je lui ai dit qu’il serait préférable pour la compagnie et pour la population aussi que le texte soit écrit dans un bon français. Cet employé m’a alors regardé avec un sourire un tantinet défaitiste et, tout en haussant les épaules, m’a bien fait comprendre que les employés de l’établissement n’avaient aucun droit concernant l’affichage d’offre d'emplois. Je ne sais pas si cela s’avère un manque d’initiative, de courage ou bien tout simplement une peur de perdre son poste, toujours est-il que selon lui, le gérant était au courant et rien n’avait l’air de le pousser à corriger ces dites fautes. J’ai redemandé pour être certain d’avoir compris s’il leur était possible de changer l’affiche, en leur suggérant de moi-même faire les rectifications. Encore une fois, la réponse a été négative. J’ai alors compris que la politique de la succursale était en quelque sorte de ne pas plier sous son orgueil et, au contraire, qu’il fallait garder les citoyens dans l’ignorance. Cette compréhension est encore plus forte aujourd’hui, car quatre jours après avoir transmis mes inquiétudes sur l’affichage, le texte n’avait pas été encore changé. Selon moi, parler d’ignorance n’est pas trop fort, tout simplement parce que la naissance d’une communauté en santé passe certainement par la maîtrise de sa langue, donc par la connaissance d’un français correct, qui est la base d’une meilleure communication et d’une certaine fierté.
Pour nos jeunes
Pour le développement de la communauté de Ville-Émard et de Côte St-Paul, il est important que les jeunes, ceux qui sont encore sur les bancs d’école, ne voient pas seulement le français comme une langue utile dans un cours d’une heure par jour, mais au contraire comme un outil de développement personnel et social, un outil qui peut les amener à progresser sur le plan de leur travail, mais aussi avec tout contact interpersonnel. Il est clair qu’une personne qui maîtrise sa langue maîtrise aussi les divers champs de sa vie; à savoir que la connaissance passe par l’apprentissage de la lecture, que le remplissage de documents officiels nécessite une écriture sans faute, que la vie en général est pleinement vécue quand on sait bien se faire comprendre et quand on comprend mieux les autres. Voilà pourquoi je fais appel à Vidéotron et à tous les autres commerces, afin qu’ils prennent leurs responsabilités et qu’ils donnent le bon exemple à la jeunesse d’ici, pour qu’ils puissent faire le lien entre apprentissage et vie de tous les jours, pour donner un sens à leurs études, pour qu’ils puissent grandir forts et outillés pour l’avenir.
Correction du texte
Voici ce qui devrait être inscrit sur l’offre d’emploi : Dans un premier temps, il faudrait savoir si l’on cherche un ou plusieurs employés. Si on cherche plusieurs personnes, on inscrirait « employés ». Vidéotron semble ne chercher que des femmes en mettant un « ées » à la fin du mot. C’est leur droit. Seulement, il faudrait inscrire « demandées » avec un « s » afin de comprendre qu’il s’agit bien de femmes qu’on a besoin. Si, au contraire, on recherche un homme ou une femme, on écrira plutôt « employés demandés ». Comme on peut le voir, il vaut toujours mieux corriger ses fautes, sous peine de mal se faire comprendre…