Les maisons historiques sauvées!
Décision du comité de démolition
Depuis la fin de l’été, nous avons suivi le débat sur la sauvegarde des maisons historiques des 1230 et 1240 rue Notre-Dame Ouest. Rappelons que l’École de Technologies supérieures (ÉTS) demandait un permis afin de raser ces bâtiments.
Le 30 août dernier, le comité avait accueilli les commentaires de citoyens et d’organismes dont RESO et Sud Ouest Sauvegarde (SOS) Culture. À la lumière de ces interventions, le comité demandait au Bureau du patrimoine son avis sur l’ancienneté des édifices.
Mercredi soir dernier, le comité de démolition s’est réuni. Le comité est formé de la conseillère Line Hamel, Normand Proulx (directeur de l’aménagement urbain à l’arrondissement), Mmes Tanguay et Patterson et MM. Chiasson et Smith (tous les quatre membres du comité consultatif d’urbanisme. Ils ont écouté les avis de divers experts et groupes sensibles à la survie de ces édifices. Ils devaient ensuite accorder ou non le permis de démolition.
La réunion du 11 octobre
La petite salle était bondée. Plus d’une trentaine de personnes étaient venues assister à cette rencontre. Des représentants d’Héritage Montréal, de la Société historique de Pointe Saint-Charles, de la Société historique de Saint-Henri, de SOS Culture, la journaliste radio-canadienne Madeleine Poulin, M. Delisle ont expliqué les raisons de leur opposition à la démolition des maisons en question.
Pour leur part, les représentants de l’ÉTS ont défendu leur vision d’avenir de la rue Notre-Dame et les réalités du financement leur projet.
Le comité a également dû peser l’avis du Bureau du Patrimoine de la ville de Montréal qui prônait de conserver des parcelles des édifices.
Opposition solidement fondée
L’opposition des divers organismes s’établit sur plusieurs critères. Selon SOS Culture, « la maison-auberge se distingue par son architecture primitive à la métropole. Ses éléments et caractéristiques en font un bâtiment ancien d’une extrême rareté à la plus haute importance. Des murs de pièce sur pièce équarris à la hache méthode pratiquement disparue à Montréal et un immense foyer fait de pierre grise de Montréal,» font partie de ce qui rend ces maisons exceptionnelles.
Dans le document déposé auprès du comité, SOS Culture précise: « L’auberge et sa maison-soeur deviennent indissociables par leurs architectures respectives, représentatives et significatives. Un vaisseau d’or non naufragé encore, contenu dans une enveloppe dégradante. L’âme y est. Le fantastique est là pour les acteurs qui ont ce sens, la vision, la mémoire et l’imagination de l’art véritable, » conclu l’organisme.
Transcender l’actuel pour voir le potentiel
Après plus de deux heures de délibération à huis clos, le comité a rendu son verdict et a refusé d’accorder à l’ÉTS un permis de démolition.
L’intervention d’organismes comme SOS Culture, la Société historique de Pointe Saint-Charles et Héritage Montréal visait surtout à éveiller le demandeur de la démolition, l’École de Technologies supérieures, à s’ouvrir au magnifique défi que représenterait la restauration de ces bâtiments.
La décision du comité de démolition incite donc l’École à revoir son projet afin d’y inclure ces bâtiments et d’utiliser la richesse patrimoniale de ce dernier vestige de l’époque dite « faubourienne ».
Les options possibles
D’un point de vue procédural, trois possibilités sont envisageables:
A) l’ÉTS porte la décision en appel - dans lequel cas, l’appel sera déposé au conseil d’arrondissement qui prendra une décision finale en réunion régulière ou en assemblée spéciale.
B) l’ÉTS revise son projet et y intègre les maisons sœurs en respectant leur valeur historique - ce qui implique l’élaboration de plans amendés et possiblement des délais dans la réalisation du projet.
C) l’ÉTS retire tout simplement son projet.
Les gens de SOS Culture ont échangé avec quelques personnes de l’École lors de l’assemblée. Selon M. Deschamps de SOS Culture: « le contact a été très bon. » Il leur a permis de réitérer leur désir d’aider l’institution à relever le défi de l’intégration. Il suffira d’élargir ses horizons pour qu’une collaboration fructueuse se matérialise contribuant ainsi à la richesse collective.