KIA SORENTO 2011
Titre : Le Kia Sorento : y’a que le nom qui ne change pas!
Auteur : Pascal Boissé (Collaboration spéciale)
Le Sorento 2011 annonce une nouvelle ère pour Kia, une filiale du groupe coréen Hyundai. N’ayant plus rien à voir avec son prédécesseur, ce tout nouveau véhicule multisegment a été repensé en totalité, afin de mieux correspondre à la réalité du marché actuel. De plus, il est désormais construit dans une usine ultra moderne que Kia vient de bâtir dans le sud des États-Unis, en Georgie, pas loin de la frontière de l’Alabama.
La génération précédente du Sorento, avec son châssis en échelle et sa mécanique longitudinale, était un utilitaire un peu rustique. Pour le modèle 2011 (déjà en vente), il opte pour une structure monocoque et une motorisation disposée transversalement, comme dans la majorité des voitures à traction avant. Le rouage intégral qui remplace l’ancien système à quatre roues motrices n’est plus qu’optionnel, car toutes les versions du Sorento peuvent maintenant être commandées avec les roues avant motrices uniquement. En complétant cette transformation en profondeur, les ingénieurs ont trouvé assez d’espace dans l’habitacle pour y installer une troisième rangée de sièges (que seuls de jeunes enfants jugeront adéquats…) et qui est, elle aussi, offerte en option. Désormais construit comme une voiture de tourisme, le Sorento ne conserve de l’utilitaire que de faux airs d’aventurier.
Avec son prix de départ très alléchant de 23 995$, le Sorento saura attirer la clientèle chez les concessionnaires. Il faut cependant savoir qu’il s’agit là de la version de base à moteur 4-cylindre boîte manuelle et à traction avant. On devra débourser 2600$ de plus pour avoir droit à une boîte automatique (six rapports) et encore près de 2000$ pour le rouage intégral. Et pour loger un V6 sous le capot, on exigera une surprime à l’achat de deux à six mille dollars selon la version choisie. Étonnamment, le V6 de 3,5L affiche une consommation de carburant très voisine de celle du 4-cylindre. Ce V6 est très en verve est, sans conteste, le moteur le mieux adapté à ce véhicule, surtout si vous pensez tracter une remorque. Bien qu’il n’ait pas la souplesse des V6 de Toyota ou de Honda, il faut admettre qu’on s’en approche dangereusement!
Au quotidien, on pourra se contenter de la puissance et du couple réduit du 4-cylindre. Malheureusement, il s’agit ici du 2,4L « Global », fruit d’un partenariat entre Hyundai, Mitsubishi et Chrysler, et qui est reconnu pour sa rugosité et sa sonorité peu engageante. Contrairement au Mitsubishi Outlander, au Jeep Compass, ou au Dodge Caliber qui partage cette motorisation, le Sorento évite l’immonde boîte CVT. Malgré cela, le manque de souplesse de ce moteur nous oblige, parfois, à devoir le brutaliser un peu, lors d’accélérations intenses, lorsqu’on accède à une autoroute, par exemple.
S’étant taillé une place au soleil au cours des deux dernières décennies en cassant les prix, la compagnie a décidé de consolider sa position sur le marché en mettant l’accent sur la qualité et sur le design de ses produits. À ce titre, Kia a pris les grands moyens pour se démarquer, notamment en embauchant Peter Schreyer, une des vedettes du bureau de style Audi pendant les années 1990. Cet adepte des lignes pures et dynamiques a su conférer aux véhicules récents de la gamme Kia une identité forte et distinctive. Cela débute par la généralisation de cette calandre, que l’on dit évoquer le museau d’un tigre, à l’ensemble des produits de la marque. L’intervention de Schreyer aura permis à Kia de devenir un des constructeurs automobiles les plus innovant en matière de design. L’élégance sobre du Sorento est une preuve de plus du bienfondé de cette démarche. À l’intérieur aussi l’apport de Peter Schreyer est perceptible: la qualité des matériaux est palpable et l’assemblage est impeccable.
Au volant, la grande fermeté de la direction est une surprise dès les premières secondes; il s’en dégage une impression de rigueur et de solidité. À l’instar des autres véhicules de sa catégorie, le Sorento est légèrement sous-vireur. Malgré la posture haute que lui confère sa garde au sol élevée, et qu’affectionnent certains automobilistes, il conserve une bonne stabilité et sait faire preuve d’aplomb sur des chaussées en mauvais état. Notons que les versions à traction avant ont la même garde au sol que les versions intégrales.
Avec sa nouvelle usine américaine, Kia a investi massivement dans la qualité de fabrication du ses nouveaux produits. Et ça parait! D’ailleurs, dans un segment déjà saturé, le Sorento devra se fier à son style et à sa qualité de construction pour se distinguer.
FICHE TECHNIQUE – Kia Sorento 2011
Moteurs : I-4 2,4L et V6 3,5L
Puissance : 175ch / 169 lb-pi (I-4)
276ch / 248 lb-pi (V6)
Consommation : 10,5 L/100 km (I-4)
11 L/100 km (V6)
0 à 100 km/h : 10,1 (I-4) et 7,5 sec. (V6)
Échelle de prix : 23 995$ (LX I-4 manuel traction)
à 39 195$ (EX V6 Automatique intégrale 7-places)