Ignatieff joue son avenir
Les Canadiens n'ont pas de capitaine, mais Jacques Martin n'a pas de raison de s'inquiéter.
Par contre, les libéraux n'ont pas de lieutenant au Québec et Michael Ignatieff a toutes les raisons au monde de s'inquiéter.
L'affaire Denis Coderre a mis son leadership en doute. Pas à cause de la démission de Coderre. Il est remplaçable.
Plutôt en raison de ce que Coderre a clamé, haut et fort, que c'est une gang de Toronto mène le bureau d'Ignatieff et qui décide pour le Québec.
Ce n'est pas une déclaration qui avantage Ignatieff. Le pouvoir central de ‘Toronto’ est détesté comme la peste, au Canada comme au Québec.
Coderre aurait pu simplement démissionner et se taire. Ou encore mieux, se taire et rester en place.
Au Québec, les Libéraux sont déjà en perte de vitesse dans les sondages, loin derrière le Bloc Québécois et à peine devant les Conservateurs.
La grande réunion du Congrès biennal des Libéraux à Québec en fin de semaine sera très importante. Il y a des pots cassés à ramasser et l’organisation à rebâtir. Ignatieff devra être ramasseur et rassembleur. Et il devra agir vite, sans tergiversation, ce qui n’est pas toujours dans sa nature.
C'est bien assez qu'Ignatieff est allé dire qu'il y aurait des "conséquences " au coup d’éclat de Coderre. Et ce châtiment quand viendra-t-il? Ignatieff n'a pas donné de détails. Mais il se peut qu'il vienne aussi tôt qu'en fin de semaine.
Coderre pourrait très bien se voir montrer la porte en fin de semaine, si ses collègues jugent qu'il leur a fait un tort irréparable.
En grande partie ça dépend ce qu’il dira dimanche à Tout le Monde en Parle à Radio-Canada, enregistré d’avance mercredi soir.
De toute façon son temps est fini avec les Libéraux au fédéral. On parle déjà de Coderre comme candidat de dernière minute à la mairie de Montréal.
Cette semaine à Ottawa, pas un seul député libéral est venu à la défense de Coderre. Seul cinq organisateurs de son équipe ont démissionné avec lui. De toute façon ils étaient déjà cuits. Aucuns des 68 candidats libéraux choisis jusqu'à date, même ceux qui doivent leur situation à Coderre, n’ont prononcé un seul mot en sa faveur.
Avec le temps le caucus Libéral aura son lieutenant du Québec, sans doute ça sera Marc Garneau.
Les conservateurs de Stephen Harper n'étaient pas sans leurs problèmes aussi cette semaine. Sauf qu’ils ont été plus habiles à les cacher !
Le candidat conservateur de Markham-Unionville en Ontario, Gordon Landon, a démissionné à la suite de propos imprudents sur les ondes de la télévision communautaire.
Landon a déclaré que sa circonscription n'avait pas reçu l’octroi de 250 000 $ pour un centre de vérification d’équipement médical créant 800 emplois parce que Markham-Unionville avait élu un Libéral aux dernières élections.
Un seuil que Landon n'aurait jamais du franchir. Depuis des semaines les libéraux accusent les conservateurs de favoriser les circonscriptions qui ont élu des députés conservateurs.
Landon a expliqué la suite. : " J'ai rencontré des membres du Bureau du Premier ministre au Hilton. J'ai démissionné parce que je ne pouvais pas travailler comme ils voulaient avec les médias. J’aime répondre honnêtement aux questions. " Ayoye!!
Landon a continué en expliquant qu'il n'avait pas obtenu les questions du journaliste télé au préalable et qu’il ne les avait pas soumises à Ottawa pour approbation par le Bureau du Premier ministre. " Ce n'est pas ma façon de fonctionner, " Le bureau du Premier ministre à Ottawa s’est refusé à tout commentaire sur cette affaire.
Bref, il faut croire que certains savent éteindre les feux de brousse alors que d'autres ne savent que répandre l'huile sur le feu.
Michel Gagnon
Commentaire mis en ligne le 3 octobre 2009Je m'excuse, j'ai fait une faute d'ortographe lors de mon dernier commentaire. Il fallait lire:"...st TiHarper le leur demanDAIT.