La députée Ruby Dhalla est dans l’eau chaude
Celle qu’on appelle souvent la plus belle femme à la Chambre des communes se retrouve dans une situation fort embarrassante.
La députée libérale Ruby Dhalla a quitté Ottawa cette semaine après l’éclatement d’un gros scandale.
Madame Dhalla, députée de Brampton-Springdale en banlieue de Toronto, a souvent figuré parmi les femmes jugées les plus belles dans un concours annuel très populaire du journal parlementaire Hill Times.
La semaine dernière elle avait le monde politique à ses pieds, faisant figure de députée estimée, même pressentie par certains comme future leader du Parti ou tout au moins ministre dans un cabinet de Michael Ignatieff.
Première femme sikh élue au Parlement en 2004, elle semblait tout avoir -- médecin chiropraticien, femme d’affaires, propriétaire d’une chaîne de cliniques, vedette de cinéma indien « Bollywood »
Aujourd’hui elle se bat contre des allégations qu’elle aurait maltraité, exploité et mal payé deux aides familiales immigrantes à sa charge.
Ignatieff lui a retiré ses fonctions de porte-parole Libérale du multiculturalisme et de la jeunesse.
Maintenant sa carrière politique est en péril.
Le quotidien Toronto Star allègue dans son édition de mardi dernier que deux aides familiales des Philippines ont subi de l’abus et des mauvais traitements alors qu’elles étaient à sa charge.
Les plaignantes, Magdalene Gordo, 31 ans et Richelyn Tongson, 37 ans, allèguent qu’elles ont été embauchées par madame Dhalla pour s’occuper de sa mère malade.
Elles disent qu’elles ont été contraintes de laver des voitures, cirer des chaussures et même de laver des salles des cliniques de la famille Dhalla, toutes des tâches qui n’avaient rien à voir avec leurs contrats d’aides familiales selon les lois d’immigration du Canada.
Elles disent avoir été obligées de travailler de 12 à 14 heures par pour 250 $ par semaine, moins que le salaire minimum. Lorsqu’elles se sont plaintes, ils disent que madame Dhalla a confisqué leurs passeports et refusé de payer leurs gages.
Une troisième femme d’origine philippine a déclaré jeudi qu’elle aussi avait été exploiter par la famille Dhalla.
Le dame de 32 ans a dit avoir travaillé 12 heures par jour pendant neuf jours à faire un travail brutal pour seulement 370 $. Elle a quitté.
Mme Dhalla a tenu une conférence de presse à Toronto vendredi où elle a déclaré que les allégations des femmes étaient « simplement pas vrai. »
Accompagné de son avocat Howard Levitt, documents à l'appui, Mme Dhalla a dit que les femmes travaillaient pour sa mère Tavinder Dhalla, et non pas pour elle, et tout cela s'est passé il y a un an.
Levitt a dit qu’il y a un complot politique derrière tout ça. Il n’a pas élaboré.
Mme Dhalla a demandé une enquête du Commissaire à l’éthique de la Chambre des communes, Mary Dawson.
Les Conservateurs exigent une enquête policière en règle, plutôt qu’une enquête de la Commissaire à l’éthique qui pourrait prendre quatre à six mois. D’ici là, l’affaire sera morte.
Ignatieff, qui fait face au premier scandale dans ses rangs, dit seulement qu’il attend « avec intérêt » que les faits soient établis.
Sa façon de gèrer cette situation pourrait avoir des répercussions sur son avenir politique. Les Libéraux sont traditionnellement plus populaires chez les femmes et les néo-canadiens que chez les Conservateurs.
Le scandale a eu des retombées au gouvernement provincial à Toronto parce qu’apparemment, le ministre provincial du Travail Peter Fonseca était au courant de la chose et n’a rien fait.
Les Conservateurs décrivent cela comme du favoritisme d’un libéral à un autre.
Qu’importe, la chose ne laisse personne indifférent : une députée néo-démocrate de Toronto a exigé que madame Dhalla soit envoyée en prison. . . . sans procès. Rien de moins.
Les syndicats s’en sont aussi mêlés. La division des travailleurs de l’Association des travailleurs indépendants a affirmé que les allégations des deux femmes constitueraient des violations aux lois du travail, du salaire minimum et de l’immigration.
« Les aides familiales sont embauchées pour fournir des soins aux personnes âgées où handicapées, où encore des services de garde d’enfants » a dit le directeur de l’Association, Peter Leibovitch. « Elles ne devraient pas être traités comme des esclaves des temps modernes, à cirer des chaussures pour des employeurs abusifs. »
Selon la loi canadienne, les aides viennent de d’autres pays et elles travaillent à salaire minimum pour deux ans dans des familles après quoi elles peuvent faire demande pour résidence permanente au Canada.
Mais elles n’ont pas le droit de changer d’employeur sans la permission du gouvernement, ni de faire d’autre sorte de travaille. Elles doivent également habiter avec les familles, ce qui les exposent souvent à être disponible 24 sur 24.
La plupart d’elles s’occupent d’enfants. La demande pour ces aides est grande depuis que le gouvernement conservateur a abolit le programme de garderies publiques de l’ancien ministre libéral Ken Dryden il y a trois ans.
Personne ne sait où ça finira, mais d’ici à ce que tous les faits soient connus, les Conservateurs sont visiblement heureux d’avoir quelque chose contre les Libéraux d’Ignatieff devenus dernièrement un peu trop confiants à leur goût.
rene mailhit
Commentaire mis en ligne le 14 mai 2009Cette affaire est grave,Jsugérerais lui imposer une amande de cent milles dollards par ce que la prison c'est nous qui la payons.