Éviter le scénario luxe
Tri-postal : le casse-tête du milieu familial en ville
Quelles sont les meilleures conditions pour attirer les familles sur le site de l'ancien centre de tri postal (1500 rue Ottawa) dans la Petite-Bourgogne? Est-ce que lieu s’y prête? Voilà des questions qui ont animé le premier atelier de réflexion sur le futur développement du site, le 21 avril en après-midi.
Organisée par la Société immobilière du Canada (SIC), l’activité a eu lieu à même l’énorme bâtiment ayant appartenu à Postes Canada et a attiré de nombreux intervenants du milieu, notamment des élus, des représentants du Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO), du POPIR comité logement, de la table de concertation Action-Gardien, de la clinique communautaire de Pointe-St-Charles et de la Société historique de Pointe-St-Charles.
Rappelons que la SIC a acheté le terrain du 1500, rue Ottawa il y a un an exactement, au coût de 18M$. Le site fait 24 acres (9,5 hectares), longe le canal de Lachine sur 473 mètres et a en son centre un bâtiment de 650 000 pieds carrés. Parmi les contraintes liées à son développement, on compte la contamination du sol et la présence de quatre bassins remblayés, dont deux sous l'immeuble.
Attrayantes les tours?
Parmi les panélistes invités, le promoteur Joe Levine, connu principalement pour son projet domiciliaire le Portail du Canal, et Vincente Perez, coordonnateur de la coalition de la Petite-Bourgogne, ont soulevé des points essentiels.
Si M. Perez a plaidé pour 25% de logements sociaux et abordables inclus dans le projet, sans surprise, le promoteur a jugé cette idée irréaliste. Par contre, là où les deux hommes sont tombés d’accord, c’est sur l’apport jugé essentiel de fonds publics pour assurer le développement du site autrement qu’en construisant des condos de grand luxe: «Au prix du pied carré de ce terrain, c'est faux de penser qu’un promoteur va trouver son compte en vendant du logement abordable orienté familles», estime M. Levine. «Il ne faut pas laisser le site uniquement aux mains de promoteurs, ils ne peuvent pas supporter complètement le projet», renchérit M. Perez.
Quelles familles?
La période des questions a été l’occasion de soulever le cœur du problème, à savoir de quelles familles parle-t-on lorsque l’on dit vouloir en attirer sur le site. «Est-ce qu’on parle de gens en moyen, qui sont capable de s’offrir un condo à 200 000-300 000$ ou de familles moyennes aux revenus en deçà de 35 000$ par année, à qui l’on offrirait du logement social et communautaire?», a demandé Christina Xydous, du Popir Comité logement. Le projet n’étant qu’au stade de réflexion, aucune réponse claire n'a été fournie à la question.
Le 31 mai prochain, une activité familiale organisée par la SIC aura lieu sur le site même du tri postal afin de rencontrer la population. Un plan préliminaire de développement du site sera ensuite rendu public en septembre et sa version finale déposée à l'arrondissement en décembre. Enfin, début 2009, débutera une consultation publique menée par l’Office de consultation publique de Montréal.