Les taux supérieurs à la norme de contaminants présents dans les sols, comme le plomb, les produits pétroliers et les HAP (substances issues de la combustion), ont motivé la décision de fermer de jardins communautaires.
Les sols sont contaminés
Jardins communautaires : l’arrondissement ferme 167 terrains
En raison d’un avis défavorable de la Direction de la santé publique de Montréal (DSP), l’arrondissement a décidé fermer complètement les jardins Pointe Verte, au coin des rues Knox et Charlevoix à Pointe St-Charles, Des Seigneurs, sur la rue du même nom au coin de St-Jacques dans la Petite-Bourgogne, de même que toute la section Est du jardin de la Petite-Bourgogne sur la rue Dominion au coin de Blake.
En tout, c’est 167 jardiniers amateurs qui perdent leurs espaces. Louise Richard, chef de la division sport, loisirs et développement social à l'arrondissement Sud-Ouest et Jean Lewis chef de la direction de travaux publics, ont expliqué la décision qui a été prise en raison des taux supérieurs à la norme de contaminants présents dans les sols, comme le plomb, les produits pétroliers et les HAP (substances issues de la combustion).
Cependant, tant les représentants de la DSP que de l'arrondissement assurent les citoyens que leur santé n’est pas en danger suite à la consommation de produits cultivés l’année dernière et durant les saisons précédentes.
«Nous ne craignons aucune intoxication ni l’apparition de maladies, vous avez juste été un peu plus exposés aux contaminants que la moyenne des gens», a expliqué Monique Beausoleil, toxicologue à la DSP lors de la rencontre d’information organisée à l’intention des jardiniers le 31 mars au centre communautaire Sainte-Cunégonde dans la Petite Bourgogne.
Mme Beausoleil a expliqué que les taux de contamination les plus élevés ont été découverts à plus d'un mètre de profondeur dans le sol, soit plus creux que les racines des légumes typiquement cultivés dans les jardins et donc que le niveau de contaminants absorbés est très bas.
Du côté de l’arrondissement, Jean Lewis a promis qu’un plan pour décontaminer les sols serait élaboré d’ici la fin de l’été et que les jardins seraient rouverts au plus tard en 2010. Les sols des jardins de toute l’île de Montréal ont été analysés fin 2007 et les résultats seront présentés d’ici les prochains jours dans tous les arrondissements et plusieurs autres fermetures sont à prévoir. L’absence de normes à l’époque de la création des jardins expliquerait la situation actuelle: «La contamination des sols est un héritage du passé», a illustré Mme Beausoleil.
Jardiniers en colère
Pour Éric Duchemin, professeur à l'Institut des sciences de l'environnement de l’UQAM et jardinier à la Pointe Verte, les jardins collectifs constituent «un élément important d'appropriation des espaces verts en milieu urbain, de sécurité alimentaire, de développement social et de durabilité urbaine».
«On ne doit pas laisser disparaître, parcelle après parcelle, le vaste programme de jardinage de Montréal. Ce programme doit être défendu par la Ville et devrait même être développé, car il ne satisfait déjà pas à la demande», estime-t-il.
Michael Hind, président du jardin Pointe Verte, a dit souhaiter vivement la réouverture le plus tôt possible: «Nous allons suivre de près toutes les décisions de l'arrondissement pour ce qui est de la décontamination, car on dirait que l'arrondissement ne sait pas où il s’en va», soutient-il.
«Plusieurs des jardiniers sont des immigrants, notamment du Bangladesh, qui utilisaient les jardins pour cultiver des légumes de leur pays d’origine, qui sont difficiles à trouver à Montréal», explique Hind. «Ils sont très attachés à leur jardin».