Julien Ferrari a soif de création et une urgence de vivre propre aux artistes. Il a exposé à deux reprises au Théâtre Corona. Photo: J.F. page intérieure_ en close-cut.jpg
Choisir la Bohême
Julien Ferrari a fait le grand saut
Rencontré à l'occasion d’un vernissage au Théâtre Corona le mois dernier, l’artiste Julien Ferrari s'est immédiatement distingué par sa fougue et son désir irrépressible de créer et de faire connaître son travail.
Julien Ferrari a tout lâché pour vivre sa vocation d'artiste: un emploi payant en pétrochimie, un potentiel début de carrière de vedette (il a remporté la téléréalité Ma maison Rona en 2005 et fait la page couverture du catalogue Kanuk 2006). C'est d'ailleurs grâce aux sous remportés durant l’émission, tirés de la vente de sa maison, qu’il arrive pour le moment à subsister.
S’il a une tête d'acteur, c'est lorsqu’il parle d'art qu’il s'anime de toute son essence. «J'ai commencé à dessiner comme ça, il y a environ un an. Je suis un autodidacte, je n'ai pas fait d'école. Je suis passé de l'acrylique, au fusain, au pastel sec», raconte-t-il.
Sa dernière trouvaille? Les «photos jet de lumière». Difficile à expliquer, le concept mérite d’être vu. «C’est impossible de réaliser ça seul. Je ne veux pas dévoiler toute la technique, mais disons que je trace les dessins lumineux dans l'espace, donc c'est quelqu’un d’autre qui doit prendre les photos. Pour la série présentée au Corona, le directeur photo c’était Thomas Sicotte», tient-il à mentionner.
Intéressé à laisser sa trace dans le petit milieu artistique de la métropole, Julien Ferrari admire des artistes comme Corno et Zilon. Ce dernier est même devenu un mentor pour le jeune artiste, avec qui il s’est lié d’amitié.
«Ça me fait réfléchir quand je vois un artiste aussi talentueux, qui jouit d’une grande notoriété et qui malgré tout en arrache, je me dis que, Montréal, c’est vraiment un petit marché. Même si les artistes se respectent entre eux, ils doivent souvent ramer fort en solitaire, tout cela à cause du manque de support pour les artistes», raconte Julien Ferrari.
Parcours particulier
Lorsqu’il devient père à 19 ans, Julien Ferrari décide de retourner à l'école dans un domaine où il y a des débouchés, la pétrochimie. Il travaille ensuite dans les raffineries de l'est de Montréal pour un salaire plus que convenable. Mais, au bout de quelques années, c’est la débâcle, l'artiste dans l’âme n’en peut plus.
Sa participation à la téléréalité Ma maison Rona en 2005 constitue alors le déclencheur d’une importante prise de conscience pour le jeune homme de 24 ans à l’époque: «Je me disais: ‘Comment ai-je envie de me présenter, qu'est-ce que j'ai à dire, c'est quoi ma vie?’», se rappelle-t-il. Tout de suite après le tournage, il décide de se consacrer à la création.
Habitué à se débrouiller seul et avec un bagout indéniable, Julien Ferrari cogne à toutes les portes et organise même des soirées pour ses amis artistes: «Les soirées de peinture en direct ont lieu tous les deux lundis à la Porte rouge sur l’avenue Mont-Royal», indique-t-il.
Jamais à court d’énergie, il s'implique également à titre de membre du conseil d'administration de la Fondation Mathieu Lafond, qui aide les jeunes en difficulté à l’aide de différents programmes artistiques.
Dans un avenir rapproché, Julien Ferrari souhaite créer au sein de boîtes de pub ou de réalisation. «J’ai envie de faire de la création en équipe dans différents médias», indique le touche à tout.
Pour informations: jferrari@videotron.ca
www.fondationmathieulafond.com