La planète est hockey
- Hey Mathieu, paraît que le Canadien est rendu au premier rang de sa conférence. Peux-tu m’expliquer ce qui se passe avec le club?
Je reçois ce courriel mardi matin de la part de mon père, qui habite avec ma mère au fin fond de l’Afrique, au Madagascar pour être plus précis.
En y pensant bien, je n’ai pas tellement discuté de hockey avec mon père cet hiver. Quand je communique à mes parents sur la caméra web, c’est plutôt à ma mère que je parle, et ma mère s’intéresse autant au hockey que moi aux cosmétiques.
Tout heureux de recevoir une telle commande de mon père, je lui écris un long courriel où je lui raconte dans les moindres détails les exploits de nos glorieux. Je passe tous les joueurs au crible, attribuant même une note à chacun d’eux. A+ pour Kovalev, A pour Hamrlik, B+ pour Bouillon, B pour Koivu, C pour Ryder… Je prends le temps de lui expliquer les vraies affaires, j’essaie de lui résumer 60 matchs en un seul courriel, une tâche compliquée, mais tellement fascinante.
La réponse de mon père ne se fait pas attendre :
- Génial, merci de l’info. Que c’est savoureux de te lire. Je serai à Montréal au début du mois de juin. Peut-être que je verrai quelques matchs. J’ai hâte de voir jouer les deux jeunes Kostitsyn.
C’était quelques heures avant le miracle du 19 février (ou miracle de la St-Antoine, appelez-le comme vous voulez), match au cours duquel le Canadien a effacé un déficit de cinq buts pour battre les Rangers 6-5. Évidemment, un deuxième long courriel était nécessaire pour lui décrire ce match historique : les mises en échec de Komisarek, les buts de Kovalev, Ryder et Streit, la fusillade, l’importance de la foule du Centre Bell, qu’on aime comparer à un «septième» joueur
Le Canadien est un puissant outil de communication, pas seulement père-fils, mais dans la population en général. Lorsqu’on rentre au travail le matin ou qu’un reçoit le beau-frère avec qui on a peu de choses en commun, le Canadien, avec la météo, est sans doute le meilleur sujet pour engager la conversation.
Et comme la météo est plutôt déprimante à la fin du mois de février, vaut mieux parler de hockey. Chacun se proclame connaisseur dans le domaine, possède une opinion sur le sujet. Trève de bonheur, la plupart du temps, on est d’accord avec l’autre. Sinon, diverger d’opinion sur le statut de Saku Koivu ou la situation des gardiens de but ne heurte les convictions de personne.