Faut-il s'en étonner?
Depuis le début de la saison froide, les automobilistes de la région de Montréal ont vécu toutes sortes de problèmes. Et c'est dans la « grande ville » de Montréal qu'ils ont été les plus aigus. La circulation est difficile pendant plusieurs jours, après chaque tempête, et les problèmes de stationnement sont énormes.
Il est vrai que l'on a connu des chutes de neige particulièrement abondantes, en comparaison avec les années précédentes, mais cela n'explique pas tout. La tempête du vendredi 31 janvier a laissé une vingtaine de centimètres de neige sur la métropole; ce n'est quand même pas un record ! Et pourtant, mercredi dernier (le 6 février), les trottoirs de plusieurs rues n'avaient pas encore été déblayés et le transport de la neige était à peine commencé.
Au fond, le problème du déneigement est semblable à celui que l'on vit dans l'ensemble des secteurs de l'administration publique: il souffre de la lourdeur de l'appareil gouvernemental. Ainsi, comme plusieurs autres, j'avais applaudi la brillante idée d'utiliser des parcs de stationnement spéciaux pour inciter les résidants à y garer leurs véhicules, pendant le déneigement. L'initiative était excellente, mais on n'avait pas pensé qu'il fallait aussi informer les gens de l'emplacement de ces parcs... Le résultat fut pitoyable: presque personne n'a pu en tirer avantage.
D'ailleurs, pour pouvoir profiter de ces parcs de stationnement, il fallait demeurer à faible distance de ceux-ci et ce n'est évidemment pas le cas de tous les automobilistes. Dans un contexte plus décentralisé, les décideurs locaux auraient pu tenir compte de ces différents ces aspects et on aurait trouvé de solutions bien adaptées à chacun des quartiers.
Mais une administration plus efficace ne réglerait pas tous les problèmes. Les lacunes des opérations de déneigement sont symptomatiques des multiples déficiences de l'ensemble du réseau routier de la grande région de Montréal. Les infrastructures routières ne sont plus en mesure d'accueillir le nombre actuel de véhicules, à l'heure de pointe. Et il est tout aussi évident que les facilités de stationnement, au centre-ville, ont atteint leur niveau de saturation. Et que dire de la pollution générée par le nombre grandissant de véhicules-moteurs?
Je pense donc que la seule véritable solution est la réduction de nombre de véhicules sur les réseaux routiers montréalais. Et pour cela, il faudra mettre en place un système de transport en commun efficace et attrayant.
Mais je sais que ce n'est pas pour demain. On ajoute des autobus, ici et là, on achète des wagons pour de futurs trains de banlieue, mais tout cela se fait avec tellement de lenteur que l'offre de service est toujours largement en retard sur les besoins. Dans un tel contexte, faut-il s'étonner que l'on retrouve souvent deux véhicules par foyer?