Un visage qui a marqué les téléspectateurs pendant près de 40 ans, celui de Madeleine Poulin, ancienne chef d’antenne à Radio-Canada, aujourd’hui membre du conseil d’administration du RESO et résidante du Sud-Ouest.
Madeleine Poulin : femme du monde
Une grande dame de l’information s’implique dans le Sud-Ouest
La citoyenne Madeleine Poulin, si elle hésite encore à afficher publiquement ses opinions, jouit pourtant d’une liberté gagnée depuis son départ de Radio-Canada en 1997. Femme d’idée et de conviction, on l'a vu récemment animer les discussions lors de la tournée de la commission Bouchard-Taylor, mais son engagement se concentrera désormais sur le Sud-Ouest, où elle réside.
Madeleine Poulin a fait carrière à la télévision de Radio-Canada de la fin des années soixante à l’aube du millénaire, où elle a été correspondante parlementaire, correspondante à l’étranger et chef d'antenne d’émission d’affaires publiques.
«Je n’ai jamais complété mon doctorat en Lettres à Oxford. Je suis revenue à Montréal pour devenir rédactrice à la salle de nouvelles à la télévision de Radio-Canada. Entre une thèse confidentielle et un auditoire qui, à l’époque, pouvait atteindre un million d’auditeurs pour une émission d’information, le choix était clair», assure-t-elle.
À la fois lauréate du prix Judith-Jasmin en 1986 et d’un prix Gémeau en 1987, la résidante du Sud-Ouest s’implique depuis plusieurs années au sein du Regroupement économique et social du Sud-Ouest (RESO), dont elle est membre du conseil d'administration depuis l'automne. Elle y agit en tant que représentante culturelle chargée de soutenir la préservation du patrimoine et de promouvoir l'effervescence artistique du secteur.
Passion internationale
De tous les souvenirs tirés de sa carrière à Radio-Canada, ceux que Madeleine Poulin savoure le plus concernent ses reportages à l’étranger: «J'ai toujours aimé voyager, apprendre et comprendre des réalités différentes pour ensuite les transmettre aux téléspectateurs. Je n’ai jamais cherché le scoop, le sensationnel, je voulais aller en profondeur des choses», raconte-t-elle.
«Ce genre de journalisme est souvent jugé moins prestigieux dans les salles de rédaction, mais moi c'est ce qui me passionnait. Je ne sais pas si c’est lié au sexe, mais je remarque que les femmes ont souvent un côté pédagogue alors que les journalistes qui courent après les nouvelles chocs sont souvent des hommes», observe-t-elle.
Même si elle a interviewé de grands personnages comme Mère Teresa, Nelson Mandela ou, plus localement, Pierre Elliot Trudeau et René Lévesque, ce sont les héros anonymes qui ont le plus marqué la grande reporter: «Je me souviens de cette chirurgienne qui venait de recoudre le bras à un enfant après un accident et qui m'expliquait calmement comment elle avait procédé. Cette entrevue m'a beaucoup impressionnée», raconte-t-elle.
«Les personnalités célèbres jouent presque toujours un personnage et vous récitent leur casette, c’était même le cas pour Mère Teresa, qui était tellement contre l'avortement qu’elle n'était même pas sensible à la cause d’une jeune fille violée qui souhaitait interrompre sa grossesse. Ça m'avait beaucoup étonnée et déçue», se souvient Madeleine Poulin.
Une grande rigueur
Madeleine Poulin n'apprécie pas le mélange des genres qui a de plus en plus cours dans les médias: «Lors de la commission Bouchard-Taylor, des journalistes qui s’étaient prononcés contre la commission dans des chroniques étaient ensuite appelés à couvrir les audiences. Ça nous a frappés et choqués», indique-t-elle.
Incapable de regarder les nouvelles à la télé en raison d’une déformation professionnelle puissante, qui lui fait voir tout ce qui cloche, elle préfère écouter la radio et lire les journaux, avec les effets bizarres que cela peut avoir: «Par exemple, lorsqu’André Boisclair a été élu à la tête du PQ, les premiers temps, je n'aurais pas pu le reconnaitre dans la rue. Bien sûr que j’avais vu les photos dans les journaux, mais ce n’est pas toujours ressemblant».
Animatrice de débats, de tables rondes et de conférences, Madeleine Poulin a su tisser des liens importants dans la communauté du Sud-Ouest, son implication au sein du RESO en constitue le meilleur exemple.