Sur la photo de gauche à droite: Sylvain, Alexandre, Francis, Maxyme, Nathan et le guide local à Copan au Honduras.
Ouverture sur le monde
Des ados de Pointe St-Charles ont eu la chance de faire un voyage de coopération au Honduras
La Maison des jeunes l’Ado Zone de Pointe St-Charles a produit un documentaire sur l'aventure de six de ses jeunes qui ont fait le saut dans coopération internationale au Honduras pendant deux semaines en juin 2006. Le film a été présenté au café Paradoxe de YMCA de Pointe St-Charles le mardi 11 décembre dernier.
Alexandre, 16 ans, Philippe, 15 ans, Sylvain, 18 ans, Maxyme, 16 ans, Nathan, 12 ans et Francis, 16 ans, ont dû construire des maisons de briques sous un soleil de plomb et une humidité qui les faisait transpirer avant même d’avoir commencé à travailler, une expérience très… formatrice.
«Pour la plupart, c’était une première expérience de travail physique», explique Sébastien Latendresse, coordonnateur à la Maison des jeunes et accompagnateur des jeunes au Honduras.
C’était également le premier voyage hors Canada pour tous, une expérience qui a nécessité plus d’un an de préparation et a ouvert de nouveaux horizons aux jeunes parfois craintifs avant le grand départ: «J'ai un peu peur pour ma sécurité, les enlèvements, tout ça», confie le jeune Nathan trois jours avant le départ.
Pourtant, il soupçonne déjà les bénéfices potentiels d’un tel voyage pour lui et explique au coordonnateur ce qui le motive à y participer: «Un voyage comme ça, ça va me donner de l’ambition, le désir d’aider les autres parce que l’on vit dans un pays riche», expose le jeune de 12 ans, pourtant issu d’un des quartiers les moins favorisés au pays.
Enfin, par un beau jour de juin 2006, c’est le grand départ vers Copan, cité historique du Honduras regorgeant de ruines mayas, des sites qui fascineront les jeunes coopérants.
Habla espagnol?
Les jeunes ont par ailleurs suivi des cours d’Espagnol avant leur départ ainsi que sur place pendant leur séjour de deux semaines.
Des cours de cuisine locale étaient également au menu et les jeunes se sont amusé à devenir des experts dans l’art de la confection des empanadas, quoique certains d'entre eux ne raffolaient pas de la nourriture locale: «Ici, ils mangent du maïs tous les jours, et puis des fèves noires, des légumes, moi je trouve ça dégueu», lance candidement Philippe.
Pourtant, le retour s'avère difficile pour tous et c’est justement Philippe qui aura les plus beaux mots: «Je m'ennuie de ma famille d’accueil, je pense souvent à eux. Si je pouvais y retourner immédiatement, je n’hésiterais pas une seconde», assure-t-il.
Même son de cloche pour Francis, légèrement déprimé une semaine après le retour à Pointe St-Charles: «Il n’y a rien à faire à Montréal, une chance que j’ai mes games de base-ball».
Le prochain projet au calendrier pour la maison des jeunes? Des activités de mentorat durant la semaine de relâche: «Les plus vieux vont donner des ateliers aux plus jeunes pour développer leur sentiment d’appartenance à la Maison des jeunes et au quartier Pointe St-Charles, en plus d’accroître leur estime d’eux-mêmes», indique le coordonnateur. D’ailleurs, un des jeunes du film, Philippe, fera partie des mentors.
Sylvain, autre participant au voyage, deviendra pour sa part papa incessamment : «Il travaille fort et veut terminer ses études soit les soirs ou par correspondance», précise avec fierté M. Latendresse.
La Maison des jeunes est très fréquentée avec près de 30 adolescents qui la visitent chaque jour: «Avec un taux de décrochage très élevé dans notre secteur, nous voulions prouver aux jeunes qu’ils sont capables de réaliser des projets ambitieux», indique le coordonnateur. Voilà qui est réussi!