As-tu ta cote d’écoute?
J'en ai marre de cette «guéguerre» des cotes d'écoute à la télé comme à la radio. Il est désolant de constater que des diktats de rentabilité démesurément absurdes aient raison du contenu télévisuel pourtant fort intéressant et novateur. On n'hésite pas à sabrer dans nos productions d'ici pour se tourner vers des séries étrangères sous prétexte qu'elles sont plus lucratives en bout de ligne. Exit les productions qui témoignent de notre créativité, qui participent à notre rayonnement du talent et à l'innovation des gens d'ici.
La course au profit est un gros Goliath insensible qui ne veut pas sortir des sentiers battus. Au plus fort la poche et au diable les émissions de qualité, pour avoir l'odieux de ne pas générer suffisamment de recettes. Les mandarins de la malbouffe intellectuelle ont toujours raison.
Le public a-t-il tant succombé à cette médiocratie, à cette diète anémique, revue et corrigée? Les feuilletons américains sans odeur et sans saveur, les téléréalités insipides, les quiz idiots se multiplient. L'argent est roi et on se bat ferme pour accéder au trône.
Les responsables de la programmation ne devraient pas se fier uniquement aux cotes d'écoute pour connaître l'appréciation du public. Une bonne cote d'écoute n'indique pas nécessairement une émission de qualité. Inversement, une mauvaise cote d'écoute peut relever de facteurs étrangers à la production elle-même. La diffusion à certaines heures est presque une garantie de succès, alors que d'autres cases horaires offrent peu de chances à une émission d'atteindre un auditoire suffisant pour intéresser les annonceurs.
La confrontation des géants du dimanche soir qui met en scène Tout le monde en parle de Radio-Canada face à Le Banquier et à Occupation double de TVA me désole. Les belligérants s'échangent la tête du palmarès. Méprisant pour le public, déchiré entre ces titans populaires de la télé.
Depuis quelques années, une nouvelle mode déferle à la télé. Qu'on le veuille ou non, la téléréalité inonde le petit écran et le phénomène est international. Tout le monde veut ses 15 minutes de gloire. La téléréalité devient une machine à piastres. L'engouement est aussi attribuable au battage publicitaire et à la promotion croisée des médias. Magazines artistiques et certains quotidiens s'en régalent et en redemandent. Place au voyeurisme et au cash vite fait !
La radio des stars
Dans le milieu radiophonique, ça joue dur, pour ne pas dire «cochon» entre les stations rivales. Journalistes et animateurs de formation ont cédé le pas aux stars de l'humour et aux personnalités vedettes. La plupart du temps, ces stars improvisées de la radio ne font pas long feu. Les changements sont fréquents, parfois brusques. Dès que les cotes d'écoute fléchissent, les stars sont foutues à la porte. Certains se baladent d'une station à l'autre.
Une émission du matin coûte en salaire grosso modo entre 500 000 $ et un million $ par année pour les têtes d'affiche. De là l'importance d'avoir plus d'auditeurs pour s'attirer de gros revenus publicitaires. En période de sondages, les grands génies de la promotion rivalisent d'ardeur et d'imagination pour offrir des cadeaux de choix.
Et il y a les pseudo-experts qui ont droit de vie ou de mort sur les nouvelles chansons. Plein de trucs intéressants qui sombrent dans l'oubli puisque les radios les ignorent.