Les trois élus de Vision Montréal, Jean-Yves Cartier, Line Hamel et Ronald Bossy, demandent au directeur général de la Ville de Montréal, Claude Léger, de décider de l’avenir de l’ex-cadre.
Lutte à finir
Le bras de fer se poursuit entre les élus du Sud-Ouest autour du retour éventuel de l’ex-cadre Armand Fichaud
Les élus de Vision Montréal dans l'arrondissement Sud-Ouest ont fait retirer mardi la résolution qui visait à rembaucher Armand Fichaud, ex-cadre de l'arrondissement, reconnu coupable de harcèlement psychologique. Puis, le lendemain, ils ont déposé une résolution demandant au directeur général de la Ville de Montréal, Claude Léger, de prendre une décision finale sur le sujet.
Deux séances extraordinaires du conseil d'arrondissement se sont donc tenues cette semaine, suite à l'ajournement de celle du 12 juillet dernier. Ce jour-là, les trois élus de Vision Montréal, Jean-Yves Cartier, Line Hamel et Ronald Bossy, avaient été pris de court par des menaces de poursuites judiciaires de la Ville centre s'ils persistaient à vouloir rembaucher M. Fichaud.
Ce dernier a été chef de la division sports, loisirs et développement social dans le Sud-Ouest avant d'être suspendu l'an dernier pour avoir harcelé psychologiquement deux employés de l'arrondissement. Les trois élus de Vision Montréal, majoritaires dans l'arrondissement, voulaient passer l'éponge et rembaucher M. Fichaud à la mi-septembre.
S’ils ont abandonné l’idée mardi, ils n’entendent pas laisser la question sombrer dans l’oubli et demandent une décision du directeur général de la Ville de Montréal au sujet de l’avenir de M. Fichaud.
«Nous voulons trouver une solution qui convienne à tous et, comme M. Léger a jugé que la question de la rembauche de M. Fichaud était une question stratégique, nous pensons qu’il est le plus à même de trouver cette solution», a expliqué la conseillère Line Hamel.
«Du n’importe quoi»
La résolution demande notamment au directeur général de la Ville «d'arrêter de menacer les élus du Sud-Ouest et de travailler avec le conseil d'arrondissement afin de dénouer l'impasse créée par le directeur d'arrondissement de l'époque».
Les trois élus de Vision Montréal appellent également M. Léger à retrouver «la sérénité nécessaire» et «la réserve nécessaire à l'accomplissement de son mandat».
La résolution, qui compte cinq paragraphes, s'adresse généralement au directeur général de la Ville, mais la dernière portion écorche Jacqueline Monpetit au passage : «[…]le conseil demande à la mairesse de cesser de rendre publiques des informations jugées confidentielles par la Loi de façon à ne pas rendre l’arrondissement vulnérable aux poursuites».
Interrogée à ce sujet, la mairesse juge le contenu de cette remarque comme étant «du n’importe quoi».
Fait étonnant, parmi les «attendus» de la résolution rédigée par les conseillers de Vision Montréal, figure l'affirmation selon laquelle «l’ensemble du conseil d'arrondissement n'a jamais reçu le rapport dudit comité [le comité Ad hoc chargé de faire la lumière sur les accusations de harcèlement à l'encontre de M. Fichaud] et que, conséquemment, le conseil ne s’est jamais prononcé sur les recommandations du comité Ad hoc».
Pourtant, le 12 juillet dernier, la conseillère Line Hamel affirmait à la Voix populaire avoir voté, à l’époque, en faveur des résolutions du comité Ah hoc.
Bien que la mairesse de l’arrondissement, Jacqueline Monpetit, et le conseiller Pierre Fréchette, tous deux membres de l'UCIM, aient voté contre la résolution, les trois conseillers de Vision Montréal ont remporté le vote sur son adoption à la majorité.
Selon Mme Monpetit et Mme Hamel, la réponse du directeur général de la Ville dans cette affaire ne devrait pas trop se faire attendre.