Cinéaste quasi autodidacte, Annick Gaudreault travaille d'arrache-pied pour se créer de l'emploi plutôt que d’attendre de la grâce divine que cela ne lui tombe du ciel.
Étoile montante
Une jeune cinéaste de St-Henri a de l’aplomb et du talent à revendre
À 23 ans, Annick Gaudreault est une cinéaste plus que déterminée. Travailleuse automne, elle monte ses films dans son appartement à deux pas du marché Atwater et trouve le moyen de les produire à l’aide de bourses et de financement spéciaux.
Native de St-Henri, Annick Gaudreault est une jeune femme est dotée d’une volonté hors-norme. Cinéaste quasi autodidacte, elle travaille d'arrache-pied pour se créer de l'emploi plutôt que d’attendre de la grâce divine que cela ne lui tombe du ciel.
«Il y en a qui passent des années sur les plateaux de tournage à servir le café en espérant qu’un jour… C'est sûr que ça fonctionne pour certains, mais je n'ai pas la patience d’attendre», explique la jeune artiste.
C'est pourquoi elle s'est lancée dans l'étude de toutes les bourses et subventions existantes et compléter les formulaires ne l'effraie plus, elle qui détient tous les secrets pour déposer un projet de film, même si ça ne fonctionne pas toujours.
«Je dirais que pour cinq projets déposés, j'en ai un qui est accepté, ce qui est déjà pas mal», estime Annick Gaudreault.
Des courts-métrages, elle en a fait près d’une vingtaine. L’artiste apprécie la liberté que lui procure le fait de travailler de manière indépendante, sans producteur et, surtout, sans censure. Avec son ordinateur comme principal outil, elle effectue le montage de ses vidéos de chez elle, entre les coups de fil nécessaires pour la planification de tous ses projets.
Membre de Kino - un mouvement de vidéastes amateurs - depuis 2005, elle jure y avoir tout appris et non durant son cours d'un an au collège O’ Sullivan, à hauts frais, qui l'a laissée sur sa faim : «Il n’y avait pas assez de pratique à mon goût. La théorie, c’est utile, mais j’aurais souhaité tourner un peu plus», explique la cinéaste.
Annick participe en ce moment au Festival Les Toiles filantes, un projet parrainé par Art Partage, un organisme sans but lucratif, qui fait la promotion de projets à caractère social. Des films de cinéastes de la relève, dont celui d’Annick, seront présentés lors d’une minitournée québécoise d’août à novembre. Aucune date montréalaise n’est cependant prévue.
La jeune cinéaste, très mature pour son âge, en est aussi à monter un court métrage de danse qu'elle a tourné en juin, et qui sera présenté cet automne à la Société des arts technologiques (SAT).
Scénarisé, «Ciao» ne fera pas que montrer une chorégraphie, mais racontera une histoire à l’aide de l’interprétation d’Érika Morin et de la musique de Hannes Buder, un musicien Allemand qu’Annick a rencontré à Bruxelles, alors qu’elle participait à un festival Kino.
«L'avantage avec les films dansés sans dialogue, c'est qu’ils peuvent être vus partout sur la planète, la danse est un langage universel», rappelle-t-elle.