Michael Ignatieff et Stephen Harper
Les chômeurs sont les grands perdants
Stephen Harper et Michael Ignatieff ont joué leur petit jeu de coulisse toute la semaine à Ottawa.
Élections pas d’élections. Menace et contre-menace. Bluff de l’un, contre-bluff de l’autre. En fin de compte, l’affaire s’est terminée en queue de veau. Pas une cenne noir de plus pour les 638 000 chômeurs au Canada.
Harper et Ignatieff ont mis fin à leur petite chicane en décidant de former un comité de six politiciens qui vont passer l’été à « étudier » l’assurance-chômage.
Trois Conservateurs, trois Libéraux y siègeront. En plein ce qu’il faut pour favoriser les matchs nuls et s’assurer que l’affaire reviendra à la Chambre des communes le 28 septembre sans l’ombre d’un règlement.
Les Libéraux ont par ailleurs gagné le droit de choisir le sujet de débat d’une journée de plus cet automne. Toute une victoire pour les chômeurs ça! Ça met du pain sur la table.
Pourtant c’est Denis Coderre, l’éloquent Prince de l’exagération qui avait bien dit en Chambre mardi que les chômeurs allaient « crever de faim » si on n'améliorait pas le régime d’assurance-emploi dès cet été.
Ce à quoi nos chefs politiques ont répliqué avec la formation d’un comité de six personnes. « Hé les gars! Mangez du comité cet été. »
Pas surprenant que la population soit complètement désillusionnée et qu’elle vote de moins en moins.
Pourtant Michael Ignatieff avait promis sur la tête de sa vieille mère qu’il forcerait Harper à accepter son plan pour augmenter l’éligibilité à l’assurance-emploi en fixant le minimum requis à 360 heures de travail plutôt qu’aux 460 à 720 heures exigées à présent.
Harper a eu le culot de dire que de réduire l’éligibilité à 360 heures encouragerait les gens à quitter leur travail pour aller chercher l’assurance emploi. Comme si les travailleurs avec une bonne situation se battaient pour un minable 55 % de leur paie régulière?
Ignatieff n’a pas insisté. Harper, détectant une certaine faiblesse chez ce dernier, n’a pas capitulé. Fin de la soi-disant crise.
C’est Gilles Duceppe, qui a le mieux décrit la menace avortée d’Ignatieff : « Quand t’as juste une paire de deux de pique dans les mains, tu ne bluffes pas. »
Ceci dit, Harper et Ignatieff ont quand même accompli une chose importante cette semaine. Ils se sont mit d’accord pour exclure le Bloc Québécois et le NPD du portrait.
Ignatieff a peur du Bloc au Québec et Harper craint l’effet néo-démocrate ailleurs au Canada, surtout en Ontario. Donc il vaut mieux les tasser avant les élections.
Harper s’est même permis une pointe d’humour, traitant le NPD de « Bloc anglais. »
Que c’est édifiant de voir nos politiciens s’amuser de la sorte, en pleine crise économique, juste avant leur congé de trois mois.
alain milette
Commentaire mis en ligne le 23 juin 2009Du pareil au même, le Prince libéral n`a rien à dire, son parti a dilapidé la caisse d`assurance emploi avant l`arrivée des Bleus, rien ne presse pour des élections surtout que l`on risque d`avoir des Rouges minoritaires, les libéraux vont attendre que les sondages les favorisent et après, ils se fouteront de l`opinion du peuple comme par le passé, j`aimerais bien voir le NPD au pouvoir, pour le changement, juste un mandat, juste pour voir autre chose, mais avec une population de pleutres comme ici qui a peur de son ombre, nous resterons avec les vieux partis et de vieilles idées.