À bas les tricheurs !
Assez, c’est assez! Depuis l’affaire Ben Johnson, la consommation de stéroïdes fait l’objet d’une lutte acharnée dans les sports olympiques au Canada.
Chez les professionnels, aveuglés par leur soif insatiable d’argent, dirigeants et athlètes ont longtemps gardé les yeux fermés et la tête enfouie dans le sable.
Dieu merci, on constate un réveil, même s’il est timide. Dans le monde nébuleux du cyclisme et même au baseball, certains commencent à réagir. Il est plus que temps que les supposés dirigeants d’équipes sportives, professionnelles ou amateurs, sonnent la fin de la récréation.
Les stéroïdes anabolisants sont une version synthétique de la testostérone, l’hormone sexuelle mâle responsable de la croissance des os et des muscles longs et de caractéristiques masculines comme la pilosité faciale et la gravité de la voix. Le marché noir s’est approprié leur vente et si certains stéroïdes sont authentiques, la plupart sont contrefaits. Les effets physiques sont nombreux: maux de tête, saignements de nez, perte de cheveux, développement des seins, atrophie des testicules, dommages au foie et aux reins, hausse de la tension artérielle et du cholestérol, etc. Les stéroïdes affectent le cerveau et causent des maladies psychiatriques. Les femmes peuvent commencer à ressembler aux hommes : barbes croissantes, rupture de la voix, changement de cycle menstruel, etc.
Le phénomène prend de l’ampleur. Au baseball, deux tiers des Américains estiment que les joueurs ayant pris des stéroïdes devraient voir leurs noms retirés du Panthéon du baseball et du livre des records. Au cours des dernières saisons, certains ont frappé des circuits à un rythme d’enfer. On constate que la vraie raison de ces records était la «potion magique». Plusieurs sont plongés dans l’embarras.
Que penser de l’affaire Barry Bonds qui est sur le point d’égaler la marque de 755 circuits détenue par Hank Aaron ! Bonds fait l’objet d’enquêtes et plusieurs facteurs démontrent qu’il a utilisé des produits maudits. Une patate chaude pour le baseball majeur car 65% des Américains souhaitent que le record de Bonds ne soit jamais homologué. Qu’en est-il des joueurs de hockey et de football ? Sont-ils tous blancs comme neige ? J’en doute.
Le cyclisme génère des centaines de millions en profits chaque année. Admettre que la plupart des cyclistes se dopent serait remettre ce sport en question. Les adeptes de la pédale blâment le système. Le champion américain du Tour de France 2006, Floyd Landis, continue de nier l’emploi de produits dopants même s’il a échoué plusieurs tests de dépistage. Contrôlé positif à la testostérone synthétique, il pourrait devenir le premier gagnant du Tour de France déchu de son titre. Le clan Landis accuse le laboratoire français qui a effectué le test de dépistage d’avoir commis des erreurs, d’avoir mal étiqueté ses échantillons d’urine et de les avoir manipulés. Il multiplie les recours pour endiguer l’affaire et toutes les raisons sont bonnes pour tenter de sauver la face.
Plusieurs anciens cyclistes de divers pays, dont des Allemands et l’ex-champion du Tour de France de 1996, le Danois Bjarne Riis, sortent de l’ombre et avouent s’être drogués pour mieux performer. Des médecins allemands ont reconnu avoir procédé à des opérations de dopage et ont été licenciés.
Au Québec, l’ex-hockeyeur Dave Morrissette a eu le courage de dénoncer la situation dans un livre qu’il a écrit, lui qui s’est injecté dans l’épaule de véritables cocktails Molotov nocifs, voire mortels. Il parle aussi des stimulants offerts en vente libre, comme les Sudafed, les Ripped Fuel et la caféine. Tu commences par une pilule, puis deux, quatre et tu es coincé. Les athlètes gobent ces produits comme des bonbons.
Pour des amateurs comme moi, il est vraiment décevant de constater à quel point certains athlètes ont triché consciemment. Soudain, l’image du sport a été profondément ternie. Saura-t-on la redorer ou lui retrouver sa crédibilité ?