Pour des routes plus sécuritaires
La SAAQ vient de rendre public son bilan annuel sur les victimes de la route, au Québec. Malgré les 717 morts et les milliers de blessés graves, ces chiffres n'auront sûrement pas attiré bien longtemps l'attention de ceux qui en sont les véritables responsables: les chauffards.
Parmi les dizaines de milliers d'accidents qui surviennent chaque année, il y en a sûrement quelques-uns qui résultent d'une défaillance mécanique ou d'un malencontreux hasard. Mais la grande majorité des victimes de la route ont été blessées ou tuées par des conducteurs négligents ou irresponsables.
À la fin de chaque week-end, les médias nous présentent des images d'accidents au cours desquels des véhicules ont été littéralement détruits. Presque toujours, on parle de vitesse excessive, d'ivresse au volant ou de dépassements illégaux. Si l'on était parvenu à contrôler ces fous de la route, on aurait vraisemblablement éliminé ces accidents et assuré la sécurité des victimes innocentes.
À chaque fois que l'on parle d'application des règlements, on invoque la nécessité d'une plus grande présence policière. Et on baisse rapidement les bras, puisque les budgets ne permettent pas d'engager plus de policiers, surtout lorsqu'on sait que ceux-ci ne sont jamais satisfaits de leurs conditions de travail et qu'ils n'hésitent même pas à exercer des moyens de pression qui compromettent davantage la sécurité des gens.
D'ailleurs, je suis convaincu que la surveillance policière est peu efficace dans le contrôle des conducteurs dangereux. Il ne se passe pas une semaine sans que je sois dépassé par un véhicule qui roule au-delà de 140 km/h ou qui zigzague d'une voie à l'autre, sur une autoroute. Et il ne m'arrive jamais de voir un de ces chauffards se faire intercepter par un policier. Certains jeunes conducteurs organisent même des courses, en pleine rue, sans que les policiers ne parviennent à y mettre un terme.
Je suis convaincu que la meilleure façon de faire observer les règlements de la circulation n'est pas l'accroissement des opérations policières. Pour cela, il faudrait que nos gouvernements réalisent que le 21e siècle est arrivé et qu'il existe des technologies efficaces pour contrôler les abus et les méfaits de toutes sortes. Sur nos routes, il suffirait d'installer des appareils de surveillance automatisés pour capturer TOUS les conducteurs qui dépassent la vitesse permise. Lorsqu'on sait qu'on va être intercepté, payer une forte amende et risquer de perdre son permis, on ralentit; c'est instinctif ! Il est vrai que ces appareils ne sont pas 100% infaillibles, mais il y a sûrement des scientifiques, au Québec, qui pourraient facilement les perfectionner.
Il faudrait aussi modifier les règlements pour les rendre plus conformes à la réalité. À titre d'exemple, il est bien évident qu'une vitesse maximum de 100 km/h, sur une grande autoroute, n'est pas assez élevée. Par contre, il peut être dangereux de rouler à la vitesse permise sur certaines routes secondaires. Il faudrait, là aussi, que l'on s'adapte au 21e siècle.
Il suffirait d'un peu de volonté (et de courage politique) pour mettre rapidement en place ces mesures, même si, au Québec, il se lève une armée de boucliers, chaque fois que l'on évoque la possibilité d'utiliser des caméras de surveillance. Pourquoi? Pour qui? Quels sont les gens honnêtes et respectueux des lois qui ont tant de choses à cacher?
Pour ma part, je suis bien prêt à m'accommoder d'une surveillance un peu envahissante au profit d'une plus grande sécurité.
Et vous?