Même si la sixième génération de Jetta connaît un grand succès depuis son lancement l’an dernier, les conducteurs de ma génération sont demeurés sur leur appétit. En plaçant la Jetta comme modèle d’entrée de gamme de la famille Volkswagen, la firme allemande a dû couper les coins ronds à divers endroits pour ramener le prix de base à la baisse. Les plastiques sont un peu durs, le moteur de 2 litres est vieillot. Cela n’affecte pas son rendement, mais, pour ceux qui ont connu les anciennes générations, cela manque un peu de classe. Vous serez heureux d’apprendre qu’il reste au moins une Jetta comme nous les aimons.
Wolfsburg à l’écoute
La GLI offre des plastiques plus coussinés, doux au toucher. La suspension arrière est à roues indépendantes, l’intérieur est plus luxueux, et que dire de son aspect extérieur qui offre un peu plus de personnalité. Les prises d’air sont plus généreuses, les jantes, plus jolies, et la garde au sol, légèrement abaissée pour un regard plus agressif. Sur la route, même si elle offre la même puissance que sa consœur, la GTI, elle n’a pas le même panache. La GLI est plus confortable, moins accrocheuse de bitume. Avec 40 centimètres de plus en longueur, cela change beaucoup de choses. Cette longueur supplémentaire lui donne une belle stabilité sur la route, mais elle est moins agile sur une piste comme celle de Mosport, en Ontario. On sacrifie volontairement une certaine agilité pour un plus grand confort. Mais la GLI demeure tout de même la plus agile et la plus rapide des Jetta.
Un intérieur plus invitant
Nous l’avons souligné plus tôt, Volkswagen a fait un effort marqué pour amener la GLI à un niveau de luxe des anciennes générations. En plus des plastiques de bon aloi, la GLI reçoit un volant en tous points semblable à la GTI avec la partie inférieure plate et le cuir en surpiqué. Les sièges sport ne sont pas des Recaro comme ceux de la GTI, mais offrent un excellent confort et suffisamment de réglages manuels (tradition Volkswagen oblige) pour trouver une bonne position de conduite. Certaines rumeurs laissent courir que les sièges Recaro seront réservés à une future Jetta R. Les 40 centimètres supplémentaires offrent un espace arrière généreux pour une voiture de cette catégorie. Il ne faut pas oublier la chaîne audio de marque Fender, offerte en option, et qui vaut le coup si vous avez l’oreille musicale.
Toujours 200 chevaux
Sur la route qui nous mène au circuit Mosport, la GLI joue les berlines de luxe. Le confort arrive en tête de liste. Même si elle accepte volontiers de jouer les sportives sur les routes sinueuses, le calibrage de la suspension n’est pas aussi radical que celui de la GTI; vous trouverez la limite d’adhérence plus vite et constaterez un peu de sous-virage dans un virage rapide. Le moteur de 2 litres, sans être réellement sportif, procure un réel plaisir de conduire. Vous avez le choix de deux boîtes de vitesses à 6 rapports. La boîte DSG à double embrayage est sans doute l’une des plus belles trouvailles techniques des dernières années chez Volkswagen. Précise, rapide, souple et très douce, elle change de rapports plus rapidement que vous ne pourriez le faire et offre, sur le mode manuel, autant de plaisir que la boîte manuelle à 6 rapports. Il n’y a pas grand-chose non plus à redire de la boîte manuelle; c’est vraiment là une question de préférences ou d’habitudes pour l’acheteur. J’ai une seule critique à formuler. À l’heure où Kia est capable d’extirper 274 chevaux d’un moteur 2 litres turbo (BMW, 241), les 200 chevaux de Volks me semblent un peu maigres dans cette GLI. Je sais que la version R en offrira plus de 270, mais il y a un compromis autour de 235 à 240 chevaux qui donnerait juste ce qu’il manque à cette Jetta pour passer d’agréable à brillante. Cette GLI est un peu plus embourgeoisée, et l’électronique vous ramène dans le droit chemin, que vous le vouliez ou non. Impossible avec cette nouvelle génération d’enlever l’antipatinage ou le contrôle de la stabilité; Big Brother veille sur vous en tout temps. Mais une fois que le moteur tourne en régime, vous aurez du plaisir, croyez-moi. C’est vrai qu’il lui manque un peu de « oumph » à bas régime, mais une fois le turbo lancé, vous oubliez tout le reste assez rapidement. Un dernier détail, même si les freins sont peints en rouge, il n’y a que très peu de différence (outre le diamètre un peu plus élevé) avec les freins des modèles de base. Ils s’essoufflent assez rapidement en situation d’abus.
Conclusion
Il ne fait aucun doute que la GLi ne pourra affronter une Subaru WRX au chapitre de la performance. Il faut prendre cette voiture pour ce qu’elle est, une berline véloce, très agréable à conduire et confortable. Pour mettre un peu de sport dans votre quotidien.
Forces
Tenue de route
Meilleure finition que les autres Jetta
Conduite inspirante
Faiblesses
Il manque quelques chevaux à la cavalerie
Les ajustements de sièges manuels
Quelques kilos en moins seraient le bienvenu
Fiche Technique
• MOTEUR
L4 2,0 L turbo DACT, 200 ch de 5100 à 6000 tr/min
Couple 207 lb-pi de 1700 à 5000 tr/min
Boîte de vitesses manuelle à 6 rapports,
manuelle robotisée à 6 rapports
0-100 km/h man. 7,1 s auto. 6,9 s
Vitesse maximale 209 km/h (bridée)
Consommation (100 km) man. 8,4 L DSG. 7,5 L (octane 91)
Émission de CO2 man. 3910 kg/an DSG. 3496 kg/an
Litres par année man. 1700 L DSG. 1520 L
Coût par année man. 2244 $ DSG. 2006 $
• AUTRES COMPOSANTS
Sécurité active freins ABS, assistance au freinage, répartition
électronique de la force de freinage, contrôle de la stabilité électronique , antipatinage
Suspension avant/arrière indépendante
Freins avant/arrière disques
Direction à crémaillère, assistée
Pneus P225/40R18
• DIMENSIONS
Empattement 2651 mm
Longueur 4628 mm
Largeur 1778 mm
Hauteur 1453 mm
Poids 1456 kg
Diamètre de braquage 11,1 m
Coffre 440 l
Réservoir de carburant 55 l
Prix de base : 27 475 $
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Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2012. On peut également l’entendre à l’émission Dutrizac, l’après-midi tous les vendredis à 14 :05 sur les ondes du 98,5 fm à Montréal.






