Situé sur la rue Des Seigneurs, l’Atelier 850 accueille depuis une dizaine d’années des enfants âgés de 6 à 12 ans. Ils fréquentent majoritairement l’école De la Petite-Bourgogne.
Durant l’année scolaire, du lundi au jeudi, on leur offre après les classes un service d’aide aux devoirs assorti d’une foule d’activités: danse, visite à la bibliothèque, séance de jeu au parc, projets en arts plastiques, ateliers sur la cuisine et la nutrition, etc. En plus, on leur sert une copieuse collation. Le vendredi, c’est congé de devoirs. C’est le moment où se rencontrent les membres du groupe de danse avancée. Et tout ça est gratuit.
L’été, l’Atelier 850 organise un camp de jour pour la modique somme de 1 $ par jour.
Il y a cinq ans, on accueillait 35 enfants pour l’aide aux devoirs. Aujourd’hui, ils sont près de 70. «Et nous avons une longue liste d’attente», souligne Ann Dynes.
La participation aux activités laisse une marque durable chez plusieurs jeunes. «Quand ils ont fini leur 6e année, les enfants ne veulent pas nous quitter, explique la directrice. On leur dit: tu peux venir faire tes devoirs, mais en retour tu donnes un coup de main.» Si bien qu’une dizaine d’adolescents sont régulièrement présents pour aider à l’animation. «Il y a un sens de l’appartenance très fort», constate Mme Dynes. «On sait que le programme est très apprécié de la Ville», dit-elle. Ce qu’a confirmé le maire de l’arrondissement, Benoit Dorais. «J’ai pu constater que c’est un milieu de vie», a-t-il dit.
L’Atelier 850 peut compter sur le soutien financier de quelques partenaires, dont l’organisme Garde-Manger Pour Tous et l’Office municipal d’habitation de Montréal. Mais la seule subvention récurrente provient du ministère de la Santé et des Services sociaux. Pour boucler le budget, il faut frapper à gauche et à droite, multiplier les demandes de subventions. L’organisme en reçoit mais, comme l’explique Ann Dynes, «on ne sait jamais si elles vont revenir l’année suivante». C’est l’insécurité. L’arrondissement du Sud-Ouest verse des contributions financières ponctuelles. «Mais on ne reçoit rien de récurrent», précise Mme Dynes. «Ça fonctionne comme ça depuis dix ans, dit-elle. Si nous n’avions pas une équipe aussi dévouée, nous serions fermé depuis longtemps. Si on a duré jusqu’à maintenant, c’est grâce à l’apport bénévole de l’équipe.»
Mais là, c’est l’essoufflement. «Après dix ans, vivre ça, je n’en peux plus, laisse tomber Ann Dynes. L’équipe, je risque de la perdre. Les enfants vont s’en aller.»
Porté à bout de bras par la directrice et les sept employés à temps partiel, l’Atelier 850 demande à l’arrondissement une aide financière récurrente. L’organisme souhaite la signature d’une convention qui lui garantirait une base financière. De telles ententes existent entre l’arrondissement et plusieurs organismes. Lors de la séance du conseil, les élus ont d’ailleurs octroyé plus de 1,2 million de dollars à une vingtaine d’organismes en vertu de telles conventions.
Ann Dynes, qui a formulé la même demande en 2005 devant un conseil d’arrondissement fraîchement élu, est donc revenue à la charge, plaidant pour une révision des conventions à la lumière des besoins et des priorités des quartiers. «J’espère que le Conseil reverra ces ententes», a-t-elle dit.
Benoit Dorais s’est montré sensible à la situation. «Beaucoup d’ententes seront à revoir en 2010», a-t-il indiqué.
Le nouveau conseil entend «demander un état des lieux» et «revoir ce qui se fait dans l’arrondissement pour arriver à des interventions plus structurées, plus structurantes», a-t-il expliqué. «Vous avez une oreille très attentive», a dit le maire. Des paroles qui ont insufflé un optimisme chez Ann Dynes. «J’ai confiance. Je sais que la volonté est là.»





