Avant que le propriétaire ne transforme le bâtiment pour lui donner une vocation résidentielle, une trentaine de jeunes Montréalais âgés de 14 à 16 ans ont eu l’occasion de prendre part à un projet d’art urbain à l’intérieur des murs de l’immeuble situé au 3745, Saint-Jacques, dans le quartier Saint-Henri.
Des enseignantes en arts des collèges Notre-Dame, Sainte-Anne et Regina Assumpta sont à l’origine de ce projet, qui a pu être réalisé grâce à la collaboration du propriétaire du bâtiment, Rami Bebawi, et de la firme d’architectes Kanva, laquelle s’intéresse aussi à la promotion des arts, explique Marie-Claude Bergeron, enseignante au collège Notre-Dame.
Les jeunes ont pu bénéficier d’un espace d’expression, d’un lieu pour apprendre, pour se perfectionner, précise-t-elle. «Ça leur a permis de laisser libre cours à leur créativité.»
En guise de vaste toile, ils ont eu accès durant toute une journée aux murs d’un local d’environ 135 mètres carrés (1500 pieds carrés). Pour leur travail, les artistes ont pu utiliser ou simplement s’inspirer de photos de Saint-Henri – des images rappelant le riche patrimoine de ce quartier. «Nous avions envie qu’ils s’imprègnent de l’endroit, confie Marie-Claude Bergeron. On voulait qu’ils fassent le lien entre leur travail et le quartier.»
Avec cette activité, «il s’agissait aussi de sensibiliser les participants au phénomène des graffitis», souligne l’enseignante. «Nous voulions leur faire prendre conscience qu’il y a des murs sur lesquels c’est permis et d’autres où ça ne l’est pas.»
Ce volet n’a pas manqué de séduire l’arrondissement du Sud-Ouest, lui qui, dans ses initiatives visant à contrer le problème des graffitis, soutient des ateliers de sensibilisation auprès des jeunes du Sud-Ouest et de l’extérieur. C’est ainsi que Sterling Downey, artiste graffiteur qui collabore avec l’arrondissement dans ce dossier, a assuré le travail de sensibilisation auprès des adolescents.
Une exposition?
Le travail des créateurs s’est toutefois avéré éphémère puisque, tel que prévu au départ, l’endroit a été démoli peu de temps après.
Mais leur œuvre survivra dans le bâtiment transformé… à l’abri des regards. La firme Kanva privilégie en effet la réutilisation des matériaux dans ses projets. Les briques des murs peints par les jeunes sont donc conservées. Elles serviront à la construction des nouveaux murs. La face peinte se retrouvera du côté intérieur.
Mentionnant d’autre part que plusieurs photos ont été prises durant la journée, Marie-Claude Bergeron signale qu’elles pourraient faire l’objet d’une exposition présentée dans le bâtiment, une fois les travaux de construction complétés.





