Réaménagement de Turcot : la vision des candidats à la mairie
(N.D.L.R.) «Le projet de réaménagement du complexe Turcot constitue un enjeu majeur pour l’arrondissement du Sud-Ouest. Selon vous, quels éléments essentiels ce projet devrait-il comporter afin de correspondre à la vision que vous avez du transport à Montréal au 21e siècle ?» La Voix Pop a invité les candidats à la mairie de l’arrondissement à se prononcer sur cette question.
Nicole Boudreau, candidate Union Montréal
Un constat: un peu plus de 40 ans après son inauguration, le complexe Turcot doit être réaménagé. La vétusté de sa structure rend son utilisation dangereuse.
Au chapitre du transport, l’Équipe Tremblay/Boudreau fait sienne la position défendue dans le mémoire présenté par le maire de Montréal lors des audiences du BAPE et qui énonçait clairement que: «la reconstruction du complexe Turcot doit être l’occasion de repenser les modes de déplacement dans la région métropolitaine, de concert avec la STM et de manière à réduire la dépendance à l’automobile et l’usage de la voiture solo en aval et en amont des grandes infrastructures».
Cette perspective, combinée à l’implantation progressive des grands projets de transport collectif prévus dans le secteur, contribuera à la réduction de la congestion et de la pollution, diminuant du même coup les impacts négatifs sur les quartiers du Sud-Ouest directement touchés par le réaménagement envisagé. Revoir à la baisse la capacité routière du projet réduisant ainsi les nuisances associées à la présence d’autoroutes en milieu urbain s’avère indispensable.
Si, lors de son inauguration en 1967, le complexe Turcot était perçu comme un symbole du génie québécois, au moment de sa reconstruction, il doit devenir un modèle d’intégration urbaine.
Camilien Delisle, candidat indépendant
Pour diminuer le trafic venant de l’extérieur: augmenter le transport en commun. Ainsi le complexe routier serait moins achalandé. Le rebâtir ou le rénover en hauteur, c’est remettre à demain des problèmes que nous connaissons aujourd’hui. Le plan d’aménagement est un moindre mal; malheureusement notre population a toujours eu de la difficulté à comprendre que pour «faire une omelette, il faut casser des œufs». Nous sommes toujours en face du «on veut de l’amélioration mais je ne veux pas être de ceux qui pourraient subir des conséquences négatives». Doit-on faire prévaloir le bien collectif avant le bien-être individuel ? C’est faire en sorte que rien ne nous fasse dévier de la voie à suivre et avoir le courage d’aller de l’avant le plus rapidement possible. D’autres projets très valables ont été abandonnés à cause du «pas dans ma cour», dont les projets du Cirque du Soleil et du Casino. Notre peuple francophone québécois est encore beaucoup trop nombriliste, pendant ce temps l’Ontario, l’Alberta se développent à plein. On a la gouvernance que l’on mérite. On est reconnu comme un peuple de chialeurs et de l’inaction…
Benoit Dorais, candidat Vision Montréal
Le projet de réfection de Turcot doit absolument comporter des voies réservées pour le covoiturage et le transport collectif sans ajouter de nouvelles voies. Il faut relier Lachine au centre-ville par un tram-train avec une gare à Saint-Henri. Il faut aussi assurer le développement de pistes cyclables sécuritaires et cohérentes, notamment en reliant la falaise St-Jacques à celle du premier chemin de fer. La structure elle-même doit être repensée pour donner de l’oxygène à nos quartiers. S’ils voient le jour, les talus du ministère vont étouffer le Sud-Ouest comme jamais.
Les audiences du BAPE ont dégagé un consensus. Le rôle des élus est de porter ce consensus afin de forcer le MTQ à présenter un autre projet rapidement. Depuis les débuts, mon équipe et moi avons participé à la mobilisation pour un autre Turcot. Une fois élus, nous ferons tout pour forcer le gouvernement à entendre raison. C’est notre engagement!
Line Hamel, candidate indépendante
Nous devons parler de développement durable et inclure dans le projet, de façon précise et définitive, des voies réservées pour le transport en commun et le covoiturage. Ce qui de façon significative réduirait le nombre d’automobiles par jour sur l’échangeur.
Moi, Line Hamel, ainsi que mon équipe de candidats indépendants, Ronald Bossy et Sylvain Patry, nous nous sommes également opposés à la reconstruction sur remblais et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord, cette construction massive va venir enclaver davantage nos quartiers. Nous savons aussi que l’entretien des remblais est problématique. Alors imaginez d’ici quelques années ces remblais mal entretenus, remplis d’ordures et la verdure brûlée par le calcium.
Nous tenons aussi à parler des conséquences de la reconstruction sur les résidants actuels. Nous devons en tenir compte car, pour les dix prochaines années, ce sont eux qui en vivront les conséquences directes. Tout projet doit tenir compte de l’expropriation, de la qualité de l’air, du bruit et de tout autre impact sur l’environnement et le voisinage.
Mudi Wa Mbuji Kabeya, candidat de Projet Montréal.
Dans le contexte actuel, nous savons que la santé des aînés et des enfants est déjà affectée par la pollution de l'air et l'obésité liée à la dépendance à l’automobile. Nous savons que la corruption dans l’industrie de la construction dicte des projets d'infrastructures autoroutières pour que certains s'enrichissent aux dépens de la population. Nous savons que les émissions de carbone et nos habitudes de vie contribuent à la crise environnementale partout au monde malgré le fait que nous ayons ici, au Québec, tout ce qu'il nous faut (Hydro-Québec, Bombardier, etc.) pour être non seulement autonomes mais des leaders en développement durable et en transport.
Les éléments essentiels d'un projet d'infrastructure tel Turcot: une réduction des émissions de carbone, c'est-à-dire une réduction du nombre d'automobiles; une vie de quartier à l'échelle humaine; une vie de quartier où familles et enfants peuvent vivre en sécurité et en santé; des services de proximité favorisant une réduction de l’usage de l’automobile; impliquer les citoyens dans le développement de leur quartier.
Projet Montréal veut un réseau efficace, abordable et accessible de transport collectif modal: une nouvelle génération de trams et trains électriques qui va répondre aux besoins de la population.