Quand le corps se détraque, on est en «État» d'aide
C'est l'histoire de personne et de tout le monde à la fois. Celle d'un parent, ami, voisin, d'une vedette ou d'un inconnu. Parce que la vie peut basculer en une seconde, tout ce qui semblait réel devient alors confus. Un anévrisme, un accident vasculaire-cérébral, une maladie dégénérative ou mentale, par exemple, et le corps ne répond plus aux commandes.
On dit que la vie tient souvent à un fil. Mais on en prend pleinement conscience seulement quand un événement grave survient, et plus particulièrement lorsqu'il touche une connaissance personnelle ou une personnalité publique. Chaque fois, on retient comme leçon qu'il faut profiter de tous les instants, savourer le moment présent et apprécier les petites attentions.
Telle une résolution, ces bonnes intentions sont rarement mises en pratique. Il serait pourtant si facile de semer des grains de bonheur partout sur notre chemin. Des gestes comme saluer un passant, donner un coup de main pour déneiger, dépanner un véhicule, porter des paquets, servir de chauffeur, être bénévole ou aidant naturel.
Arborer un sourire, car la vie est belle, malgré sa complexité. C'est notre façon d'aborder la vie qui peut être un enfer ou le paradis pour nous et les autres. Rester vivant est un éternel combat. Autant mettre les chances du bon côté. Fini les jérémiades sur nos petits bobos et passons à l'action auprès des vraies personnes isolées, en difficulté ou dans le besoin. Des forces insoupçonnées, cachées en vous, aideront à répandre la joie et l'équilibre autour de vous. Et vous trouverez une certaine sérénité dans vos bonnes actions et paroles.
Ce discours vous semble peut-être moralisateur ou jovialiste. Mais avec les coûts du système de santé, le vieillissement de la population, l'isolement des malades et des aînés et la croissance des maladies mentales, je crois qu'il est temps d'en faire plus pour les autres et nos familles. L'État pourrait aussi compenser davantage, entre autres, les aidants naturels qui prennent charge d'une personne malade ou âgée.
Le rythme de vie d'aujourd'hui fait en sorte que les malades et aînés ont de moins en moins de visite, surtout avec l'éclatement des familles et un si bas taux de natalité. Avec le travail, les loisirs et les enfants, les familles oublient souvent l'existence de leurs proches malades ou âgés pendant la semaine. C'est d'ailleurs ces derniers qui les appellent, mais ils sentent vite qu'ils dérangent, qu'il n'y a jamais de bon moment pour leur parler. Et la fin de semaine, la distance qui les sépare peut aussi représenter un obstacle de taille, car le temps de voyagement et à dévouer à la personne malade ou âgée empiète bien souvent sur les tâches ménagères. Dans ce contexte, la cohabitation devient une solution, surtout si elle est appuyée d'une aide plus généreuse du gouvernement. À défaut de quoi, on peut toujours s'arranger à la maison pour rendre visite plus souvent à nos proches. Donner, c'est aussi recevoir.