Les pistes du canal à l’abandon
Monsieur le député,
Étant citoyen de votre circonscription, je m’adresse à vous afin de vous exposer un problème qui me tient à cœur en ce qui concerne l’administration du canal de Lachine par Parcs Canada.
En effet, je réside à une centaine de mètres de ce que tout le monde s’entend pour qualifier de joyaux touristique et historique du Sud-Ouest de Montréal et je suis, comme plusieurs de mes voisins, un usager des abords du canal en tant que cycliste, piéton, flâneur… Chaque jour de l’année, j’y promène mon chien, été comme hiver. Or je mets en doute, sinon la compétence et la volonté de Parcs Canada à gérer cet endroit autrement que de façon cosmétique : la piste dite polyvalente qui longe le canal est de plus en plus en mauvais état. Trous, bosses, crevasses fleurissent d’année en année dans l’asphalte et ne sont pris en compte que par une signalisation à la peinture jaune ou orangée à peine visible (le jour) à même le sol.
La piste est très étroite à certains endroits, surtout si l’on prend en compte l’importance croissante du nombre d’usagers très divers (Cyclistes, patineurs, planchistes, piétons, chaises roulantes, cyclistes avec remorque, promeneurs de chiens, joggers…). Il vous suffit de vous y promener un après-midi de fin de semaine pour vérifier l’intensité et la diversité du trafic. Parmi tous ces promeneurs, il y a de très jeunes enfants, des personnes handicapées, des personnes âgées, des cyclistes de Formule Un… La cohabitation devient problématique et j’entends de plus en plus fréquemment des gens qui se crient des noms d’oiseaux.
Depuis plusieurs années, l’éclairage, déjà médiocre, ne bénéficie d’aucun entretien. Parcs Canada ne répare pas les réverbères défectueux, ne change pas les ampoules et, comble de malheur, plusieurs kilomètres du réseau d’éclairage sont hors services depuis juin dernier. J’ai déposé une plainte écrite à Parcs Canada à cet effet au début du mois de juillet dernier sans aucun résultat, sans la moindre réponse. Il semble que Parcs Canada considère les payeurs d’impôts, sinon avec mépris, à tout le moins avec désinvolture.
Les conséquences de ces nombreux laisser-aller, de la non-mise à niveau de la piste, engendrent entre autres une diminution de la sécurité et de l’agrément, avec à terme, si ce n’est déjà le cas, un renoncement des personnes les plus vulnérables à jouir des abords du canal. Avec le manque d’éclairage, bourgeonnent dans l’obscurité et de manière concomitante: les graffitis, les bouteilles de bière cassées, les rassemblements de groupes pas nécessairement mal intentionnés, mais parfois menaçants, les déjections de chiens, l’apparition croissante d’animaux sauvages (mouffettes, ratons laveurs, chats sauvages…).
Donc, considérant que le canal de Lachine n’est pas qu’un simple musée à ciel ouvert que l’on fait visiter à quelques trop rares touristes en bateau mouche, je suggère que l’on confie son entretient à une administration locale (mairie d’arrondissement, OSBL…) et que tous les niveaux du gouvernement, qui drainent nos taxes et impôts, investissent pour que soit rénovée et élargie la piste polyvalente du canal, en plus de l’éclairée pour assurer la sécurité de tous. Une voix parallèle devrait en plus être créée pour les piétons. Cette dernière devrait en plus être accessible été comme hiver.
Que les différents élus cessent, avec la complicité des médias, de vanter le canal de Lachine comme étant la perle du Sud-ouest de Montréal et s’engagent de façon concertée à améliorer l’ensemble des infrastructures de ce patrimoine, de façon à lui redonner une vocation de vie et non uniquement muséale.
Que l’on concerte les usagers ainsi que les populations autour du bassin afin de connaître leurs souhaits et besoins et que le gouvernement fédéral cesse de penser que ce qui se trouve sous sa juridiction n’appartient plus aux citoyens de ce pays.
Jean-Pierre Leclerc