Plus vrais que nature, les personnages du troisième roman de Sylvie Laporte sont au cœur d’une intrigue rigolote et touchante à la fois, qui tiendra le spectateur scotché au bouquin pour des heures et des heures… de plaisir!
Bouffée de vie
Sylvie Laporte : auteure de talent, femme pétillante, qui saisit si bien l’âme humaine.
Connait-on réellement les personnes qui nous sont chères? Sommes-nous des êtres complètement différents selon qui nous regarde? C’est la question que pose Sylvie Laporte, une auteure du Sud-Ouest, avec son troisième roman, «Louis le caméléon».
«Louis le caméléon» est un roman-régal, le genre qui se dévore avec un plaisir jubilatoire, en deux ou trois jours, avec, comme compagnons de route, le rire et le bonheur.
Pourtant, si on y rit beaucoup, l’émotion est aussi au rendez-vous et tous ceux qui ont un jour perdu un être cher retrouveront dans le roman une justesse achevée dans la description de l’émotion du deuil.
Admirablement bien campés, les personnages de Sylvie Laporte sont plus que vivants. Pourtant, l'auteur n’a pas vampirisé son entourage pour en arriver à leur création.
«Tout est imaginaire, toute ressemblance avec la réalité est accidentelle et involontaire», s'amuse celle qui exerce aussi le métier de chroniqueuse, directrice de plateau et de comédienne.
Vive, passionnée, empathique, respectueuse, ouverte d'esprit et inspirante, voilà les qualificatifs qui nous viennent en tête à la fin d’une rencontre avec une auteure réellement curieuse de connaître l’avis de ses lecteurs.
«Louis le caméléon» relate la vie de Louis Lefrançois… après sa mort, où il occupe plus d’espace que durant toute sa vie!
Mais qui est donc Louis Lefrançois? Le fils perçu par son père : terne, gris, sans envergure? Le frère méconnu, méprisé et renié? Le mari dont la rigidité pousse son couple vers le naufrage? L’oncle amusant et festif? Où l’ami philosophe et chaleureux?
L’intrigue à plusieurs nœuds, dont on suit le fil à travers les yeux de ceux qui ont côtoyé Louis, fera malicieusement valser et tourner en bourrique tant le lecteur que les personnages, qui, dans un chassé-croisé étonnant, ne réalisent pas que leur proche décédé est en fait une seule et même personne.
«L’idée de ce roman m'est venue il y plusieurs années, lors du décès d’un ami proche. J’assistais à ses funérailles et sa sœur le décrivait. Je ne reconnaissais pas du tout mon ami. Chacun avait une perception différente de lui. C’est là que j'ai eu le déclic», raconte Sylvie Laporte.
«Est-ce qu’on ne connait jamais une personne complètement? Je ne le crois pas», estime l’auteure. «Nous montrons seulement les facettes qui nous arrangent et cela se fait tout seul, sans même que l’on s’en rende compte.»
Une vie dans le Sud-Ouest
Sylvie Laporte vit et travaille dans le Sud-Ouest, principalement dans les studios Pixcom à Pointe-St-Charles, où elle se rend à pied à partir de son domicile dans la Petite Bourgogne.
Avocate pendant 12 ans, elle lâche tout sur un coup de tête: «J'avais envie de me réaliser à chaque instant de ma vie, de ne pas être prise dans un carcan de neuf à cinq», raconte-t-elle. Profiter de la vie et réaliser ses rêves voilà ce qui la guide lorsqu’elle part étudier le jeu et le théâtre à Paris, à l’Actor’s Studio.
Celle qui a ensuite joué dans les séries Urgence et Jasmine, en plus d’être chroniqueuse à Salut Bonjour et Coup de pouce télé, supervise aujourd’hui les voix hors champ de nombreux documentaires, en tant que directrice de plateau chez Pixcom.
Et en parallèle : l’écriture, toujours l'écriture, probablement le métier qui la satisfait le plus.
«Moi, j'écris dans le plaisir, sinon, je ne le ferais pas», résume-t-elle. Dans le plaisir, fort probablement, vitement, assurément! Sylvie Laporte a publié deux romans en moins de trois ans : «le Fil» en février 2005, puis «Louis le Caméléon» ce printemps. Son premier roman, «L’œuf», date de 1997.
Troisième roman donc, «Louis le caméléon» est peut-être le plus accessible, les deux premiers étant «des contes philosophiques », selon l’auteure. Une chose est sûre, il est à parier que sa lecture vous donnera le goût d’aller découvrir les ouvrages précédents de l’auteure.
Si cette dernière espère voir son livre tourné en film, Sylvie Laporte travaille déjà à son prochain roman, dont le titre de travail provisoire est «Gigogne», comme dans les poupées qui s'emboîtent.
Sorte de variation sur le thème des différentes facettes de l’individu, ce roman s'attardera plutôt à l’importance d’aller par-delà les apparences : «Il faut creuser derrière la façade. À l’intérieur des gens en apparence inintéressants se cachent des mondes, il suffit de gratter un peu pour les découvrir», suggère Sylvie Laporte.
À suivre!
Élaine Simard
Commentaire mis en ligne le 21 juin 2007Très vivant comme acticle, très parlant. Donne le goût de lire Louis le caméléon.
Félicitations!
Au plaisir de vous lire Mme Marilyse Hamelin. Take care until next time!
Élaine Simard