OTTAWA - Le moment est propice pour vendre l'idée d'un accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne (EU), a soutenu mercredi le premier ministre du Québec, Jean Charest, qui insiste sur l'importance des mois à venir pour assurer le succès du projet.
Orateur invité pour lancer les travaux d'une conférence portant sur la possibilité d'un partenariat économique transatlantique, M. Charest a souligné que le Canada représente un port d'entrée de choix pour l'UE qui a dans sa mire un joueur encore plus gros, les Etats-Unis.
Les élections présidentielles américaines, qui relèguent à l'arrière-plan tous les autres sujets aux Etats-Unis, et l'arrivée de la France à la tête de la présidence de l'UE font en sorte que la conjoncture est favorable au Canada, a expliqué M. Charest.
"Ce que nous disons aux Européens, c'est que nous vous offrons une voie rapide à ceux qui s'intéressent à une relation transatlantique plus intense (...) Négociez une entente avec le Canada, ça servira de modèle de ce que vous pourrez ou voudrez peut-être proposer aux Américains", a fait valoir le premier ministre du Québec, lors d'une brève mêlée de presse après son discours.
Il va même jusqu'à avancer qu'il vaudrait mieux que les choses ne trainent pas en longueur. "J'espère une échéance la plus courte possible parce que c'est la meilleure façon d'obtenir des résultats (...) Un an, deux ans? Enfin le plus vite possible", a-t-il noté.
M. Charest est devenu le porteur du projet de libre-échange avec l'UE, un sujet qui visiblement l'emballe. Il ne rate aucune occasion d'en parler et de vendre l'idée.
Dans son discours, mercredi, il a réitéré que cet accord serait bénéfique au Canada et au Québec, dont les économies sont dépendantes du marché américain.
Et plus qu'une entente simplement économique, il rêve même d'un projet qui engloberait des ententes touchant la culture, l'éducation et la mobilité de la main-d'oeuvre, par exemple.
Des études sur ce projet doivent être présentées au cours des prochains mois. En parallèle, le Québec et le Canada poursuivront leurs démarches auprès de leurs vis-à-vis européens.
La prochaine étape cruciale surviendra en octobre, à l'occasion du sommet Canada-Union européenne, puisque c'est à cette rencontre que le premier ministre Stephen Harper et le président français, Nicolas Sarkozy, pourraient décider de lancer officiellement des négociations en vue d'une entente de libre-échange.
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