Le premier ministre Jean Charest, center, le pdg d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, à droite, et le Ministre des Ressources naturelles Claude Béchard lors d'une conférence de presse à Montréal. LA PRESSE CANADIENNE PRESS/Ryan Remiorz
MONTREAL - Ce sont finalement huit promoteurs qui se partageront 2004 mégawatts d'énergie éolienne à produire dans huit régions du Québec.
Le président-directeur général d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, en a fait l'annonce, lundi à l'Ile Sainte-Hélène, en compagnie du premier ministre du Québec Jean Charest. En tout, 15 soumissions ont été retenues parmi les 66 propositions qui avaient été présentées.
Le plus gros des projets retenus permettra de produire 350 mégawatts au Lac Pikauba et au Lac Minustuk, dans la Municipalité régionale de comté Fjord-du-Saguenay-Charlevoix. Il s'agit du projet de Saint-Laurent Energies, Hydroméga Service, EDF Energies nouvelles et RES Canada.
Un autre projet d'importance permettra de produire 300 mégawatts à Sainte-Irène, La Rédemption et Saint-Cléophas, dans la MRC La Matapédia-La Mitis.
Les 15 soumissions retenues se trouvent dans les régions de la Montérégie (deux projets), du Centre-du-Québec (un), de Chaudière-Appalaches (deux), de Québec (trois), du Saguenay-Lac Saint-Jean (un), du Bas Saint-Laurent (quatre), de la Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine (un) et de la Minganie (un).
La livraison de l'électricité ainsi produite sera attendue de 2011 à 2015.
Le coût total moyen des projets retenus est de 10,5 cents le kilowattheure, un prix que M. Vandal a qualifié de "bon".
Il appartiendra maintenant aux promoteurs de rendre leur projet acceptable par les communautés visées, a laissé entendre le premier ministre Charest. Ces projets devront maintenant recevoir l'appui des municipalités locales concernées et du Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE).
"L'acceptabilité sociale est une des conditions essentielles au développement de tout projet éolien, a dit le premier ministre. Attention, l'acceptabilité sociale, ça ne signifie pas l'unanimité. Ce n'est pas l'unanimité, mais c'est quand même un critère très important, dont devront tenir compte ceux et celles qui seront appelés à faire l'évaluation."
M. Vandal a souligné que les investissements prévus atteindront 5,5 milliards $.
Au moins 60 pour cent des coûts globaux de chaque parc éolien devra être engagé au Québec et 30 pour cent du coût des éoliennes dans la MRC de Matane et la région de Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine.
Réactions
Les groupes écologistes ont salué l'octroi de ces contrats de production d'énergie éolienne.
Steven Guilbeault, d'Equiterre, a rappelé que l'énergie éolienne est bien vue et bien reçue dans la population en général, même si certains projets se sont butés à de l'opposition dans le passé. "C'est une très bonne nouvelle. Maintenant, il faut que ces projets-là se développent de façon responsable. Nous sommes très heureux de cette annonce."
"Nous aussi on est très heureux mais, en même temps, on constate l'ampleur du défi", a renchéri Philippe Bourque, du Regroupement national des Conseils régionaux en environnement.
"Il va falloir que les promoteurs et les municipalités qui ont été retenus ouvrent le dialogue avec leurs citoyens, qu'ils soient transparents, sinon on va se retrouver avec des levées de boucliers qui sont inutiles. Si les gens sont au courant et n'ont pas l'impression qu'on leur joue dans le dos, ils vont accepter les projets, parce que c'est positif pour tout le monde", a commenté M. Bourque.
Du côté de la Fédération québécoise des municipalités, le président Bernard Généreux réclame que les MRC et les municipalités touchent des redevances minimales de 4000 $ par mégawatt installé sur leur territoire.
M. Généreux, qui représente 920 municipalités et plusieurs MRC, estime que cela pourrait contribuer à accroître l'acceptabilité des projets auprès des communautés concernées, en plus de "créer de la richesse dans les régions du Québec".
A Québec, les partis d'opposition veulent s'assurer que les régions y trouvent leur compte.
"A partir de maintenant, il faut s'assurer que le processus mis en branle soit le plus transparent possible et que les régions bénéficient de retombées économiques", a commenté le porte-parole adéquiste en matière d'énergie, Richard Merlini.
Pour le Parti québécois, la liste des projets retenus par Hydro-Québec illustre combien les communautés ont été laissées en plan. "Hydro a exclu les projets qui émanaient des communautés", a dénoncé le député Sylvain Gaudreault, porte-parole péquiste dans ce dossier.
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