BEAMSVILLE, Ont. - Le premier ministre Stephen Harper n'a aucunement l'intention de baisser les taxes fédérales sur l'essence pour soulager les automobilistes aux prises avec une flambée du prix du pétrole.
De passage dans le sud de l'Ontario pour faire une annonce sur l'étiquetage des aliments, M. Harper s'est fait rappeler que son parti promettait en 2004 de baisser la taxe fédérale sur l'essence s'il prenait le pouvoir.
Le premier ministre conservateur a répondu que son parti n'a pas pris le pouvoir cette année-là et que par la suite, il a préféré promettre et livrer une baisse de deux points de la taxe sur les produits et services (TPS) sur tous les produits et non seulement sur l'essence.
M. Harper dit qu'il en est venu à prendre cette décision lorsqu'il a conclu qu'une baisse de la taxe fédérale aurait un impact négligeable sur le prix de l'essence.
Le premier ministre a dit croire que le prix du carburant continuera de grimper, et qu'il faut donner l'heure juste à la population.
"La capacité des gouvernements à influer sur le prix du carburant est si mince que cela n'en vaut pas la peine, a-t-il soutenu. Ce que nous devons faire, c'est réduire les coûts de manière générale pour les consommateurs."
La réalité de la croissance des prix de l'énergie pousse par ailleurs les gouvernements à songer à des solutions de rechange, a estimé M. Harper.
"Dans les prochaines années, notre économie devra effectuer une transition significative vers une moins grande dépendance aux hydrocarbures, a-t-il avancé. Ce que le gouvernement doit éviter de faire, c'est de se précipiter et de précisément augmenter les taxes sur ces produits. C'est ce que l'opposition propose."
Le prix du pétrole a plus que doublé en un an, surpassant un autre record sur le marché des produits de base à 133 $US, mercredi.
Malgré tout, les prix à la pompe - bien qu'élevés - n'ont pas connu une augmentation équivalente.
Selon une enquête menée cette semaine par la firme de consultant MJ Ervin, les Canadiens ont payé en moyenne 1,27 $ le litre pour remplir leur réservoir. Au mois de mai 2007, le prix moyen était d'environ 1,12 $ le litre.
Il s'agit d'une augmentation significative, mais qui est loin d'être aussi importante que celle du prix du pétrole brut, qui valait seulement 66 $ US le baril au mois de mai 2007.
"Il y a d'autres coûts reliés à la transformation des combustibles fossiles en carburants. Vous ne verrez pas une hausse des prix proportionnelle", a soutenu l'économiste de la Banque TD, Derek Burleton.
La hausse constante des prix des produits de base est une partie importante de l'équation pour les prix de l'essence. Mais les taxes et les coûts de raffinage et de marketing sont aussi des éléments clés qui influent sur le prix final à la pompe.
La majeure partie de l'essence est vendue au Canada par des compagnies pétrolières intégrées - des joueurs qui ont des intérêts dans les segments de la production, du raffinage et du marketing de l'industrie.
Des compagnies comme Petro-Canada et la Pétrolière Impériale ont eu des résultats peu probants sur leurs activités en aval au premier trimestre. Mais ces déclins ont été compensés par le fait que les prix de leurs produits ont atteint des sommets.
"Ils bénéficient de leurs opérations en amont et cela rend leur situation plus facile à gérer", a fait valoir M. Burleton.
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