OTTAWA - Le premier ministre Stephen Harper demande à un juge de rejeter le témoignage d'un expert qui le compare à un dirigeant autoritaire.
Les avocats de M. Harper feront valoir en Cour supérieure de l'Ontario, vendredi, que l'opinion du politologue Peter Russell est dépourvue de pertinence en rapport avec la poursuite pour libelle de 3,5 millions $ intentée contre les libéraux.
L'opinion de M. Russell fait partie de la preuve que les libéraux ont déposée à l'appui de leur argument que la poursuite de M. Harper constitue une tentative de museler ses opposants.
Dans cette poursuite contre l'opposition officielle - sans précédent au Canada -, M. Harper reproche aux libéraux d'avoir laissé entendre que le premier ministre était au courant d'une présumée tentative des conservateurs de soudoyer le député indépendant Chuck Cadman en 2005, à l'encontre du Code criminel, alors qu'ils tentaient de renverser le précédent gouvernement libéral minoritaire.
Ces allégations découlent d'une biographie de M. Cadman dont l'auteur écrit que les conservateurs ont offert à M. Cadman, alors en phase terminale, une police d'assurance vie d'une valeur de 1 million $ en échange de son vote contre les libéraux.
Dans un autre développement, le juge de la Cour supérieure ontarienne Charles Hackland a accepté les experts indépendants que chaque partie a retenus pour effectuer des examens en laboratoire d'une entrevue enregistrée de M. Harper qui s'est retrouvée au coeur de la controverse.
M. Harper affirmerait, dans l'enregistrement fait par le journaliste Tom Zytaruk lorsqu'il préparait sa biographie de M. Cadman, qu'il savait que deux représentants du Parti conservateur avaient discuté de "compensation financière" avec M. Cadman
M. Harper allègue que l'entrevue a été manipulée. Une audience sur cette allégation doit être entendue le 22 septembre, de même qu'une motion libérale demandant à la cour de rejeter la poursuite pour libelle au motif qu'il s'agit d'une tentative d'intimider l'opposition et de supprimer la liberté de débat politique.
M. Harper a demandé au tribunal d'ordonner aux libéraux de cesser d'utiliser l'enregistrement. Ces deux jours d'audiences ouvrent la porte à des affrontements spectaculaires en cour au beau milieu d'une campagne électorale. M. Harper a laissé entendre qu'il pourrait déclencher des élections dès le 5 septembre.
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