WALKERTON, Ontario - Un gouvernement libéral embaucherait une centaine d'inspecteurs des aliments de plus pour protéger les Canadiens contre les intoxications, a promis mercredi le chef libéral Stéphane Dion, à l'occasion d'une visite à Walkerton, cette ville du Sud de l'Ontario où une bactérie transmise par l'eau avait fait sept morts en l'an 2000.
La mesure coûterait environ 50 millions $ par an aux contribuables mais ce serait de l'argent bien dépensé, a insisté M. Dion. Le leader a rappelé que la réduction du budget consacré à la surveillance de la qualité de l'eau avait joué un rôle dans la tragédie de Walkerton.
La promesse de M. Dion tombe à pic, à un moment où la confiance dans l'industrie alimentaire est à son plus bas, en raison de l'épidémie de listériose qui a fait une quinzaine de victimes au pays depuis trois semaines et provoqué le rappel de plusieurs viandes froides et fromages.
" L'une des leçons les plus importantes que nous devons tirer de Walkerton est que les pouvoirs publics ne peuvent pas prendre de raccourci quand il s'agit de protéger la santé des Canadiens au nom d'une efficacité fictive", a fait valoir le politicien dans un communiqué.
Le premier ministre Stephen Harper a promis une enquête publique sur cette affaire, mais cela n'a pas calmé les partis d'opposition qui accusent les conservateurs d'avoir pris l'affaire à la légère.
Si elle préoccupe les adultes, la sécurité alimentaire n'était visiblement par la priorité des quelque 600 adolescents devant lesquels le chef libéral avait choisi de faire son annonce dans un gymnase d'école secondaire.
Les jeunes ont plutôt choisi d'interroger l'ancien professeur d'université sur son programme environnemental, ses projets d'aide financière aux étudiants et sa position sur l'avortement, l'euthanasie et le soutien aux personnes handicapées. Un étudiant lui a même demandé comment composer avec l'intimidation.
Stéphane Dion, qui est la cible d'attaques personnelles des conservateurs depuis des mois, a suggéré à l'élève d'en parler au directeur. "Mais moi je n'ai pas de directeur. Je dois donc me comporter comme un grand garçon", a-t-il ajouté, provoquant l'hilarité générale.
La foule réunie mercredi après-midi est la plus grosse à laquelle M. Dion s'est adressé depuis le début de la campagne électorale, dimanche dernier. Mais il n'est pas certain que le chef libéral ait gagné beaucoup d'appuis à cette occasion puisqu'à peine une quinzaine des élèves présents ont dit avoir l'âge de voter.
En matinée, Stéphane Dion avait rencontré des candidates de son parti dans la région de Toronto.
M. Dion en a profité pour annoncer une série de mesures visant à accroître la participation des femmes en politique. Il a ainsi laissé savoir qu'un gouvernement libéral offrirait des incitatifs fiscaux aux partis pour les encourager à recruter des femmes.
Le parti a aussi promis de rétablir le budget de Condition féminine Canada, dans lequel les conservateurs ont sabré il y a deux ans.
Les libéraux ont atteint leur but de présenter des femmes dans un tiers des circonscriptions. A date, ils en ont recruté 106, ce qui constitue un record dans l'histoire canadienne.
Après trois jours à sillonner en autobus les routes reliant Ottawa, Montréal et Toronto, la caravane libérale quitte l'Ontario mercredi soir, dans un Boeing d'Air Inuit.
Cet appareil a été critiqué parce qu'il est plus polluant que ceux loués par le Parti conservateur et le Nouveau Parti démocratique. Les libéraux ont promis de compenser ses émissions de gaz à effet de serre.
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