QUEBEC - La hausse du taux de natalité a un prix: la contribution des Québécois au régime d'assurance parentale a augmenté de 15 pour cent en deux ans.
L'an dernier, le taux de cotisation des salariés avait déjà subi une première hausse de 7,5 pour cent depuis la création du régime en 2006, et elle sera suivie par une deuxième hausse de 7,5 pour cent à compter de janvier 2009.
Pour un salarié gagnant 40 000 $ par année, la ponction annuelle sur son chèque atteindra 193,60 $, au lieu de 180 $.
Réputé être l'un des plus généreux en Amérique du nord, le régime de congés de maternité et de paternité du Québec est en quelque sorte victime de son succès, avec une hausse continue du taux de natalité et du nombre correspondant de demandes de prestations.
L'an dernier, les congés parentaux ont coûté au total 1,4 milliard $ aux contribuables québécois.
Si bien qu'au rythme actuel de croissance, le régime se dirige tout droit vers un déficit actuariel important, si rien n'est fait.
Le déficit du régime pourrait même atteindre 935 millions $ en 2012 au taux actuel, selon les calculs actuariels fournis au gouvernement.
Le ministre responsable du dossier, Sam Hamad, a donc indiqué lundi qu'il acceptait la recommandation du Conseil de gestion de l'assurance parentale ayant pour effet d'augmenter de 7,5 pour cent les cotisations à compter de 2009.
Mais compte tenu du nombre de bébés qui s'ajoutent chaque année et de la générosité du régime, rien n'indique que ce sera là la dernière hausse avant longtemps, car l'annonce de lundi ne suffira certainement pas à combler le manque à gagner prévu.
En 2009, la hausse annoncée de 7,5 pour cent des cotisations rapportera 110 millions $ de plus dans les coffres de l'Etat.
A titre d'exemple, la contribution d'un salarié gagnant 70 000 $ passera de 272,25 $ à 300,08 $ par année, soit 27,83 $ de plus, tandis que celle d'une personne ayant un salaire de 20 000 $ passera de 90 $ à 96,80 $, soit 6,80 $ de plus.
Un travailleur autonome déclarant un revenu net de 40 000 $ verra sa contribution passer de 320 $ à 344 $. Celui dont le revenu atteint 70 000 $ devra payer 533 $ au lieu de 484 $.
Pendant longtemps un des endroits au monde affichant un des taux de natalité les plus bas, le Québec est en train d'inverser la tendance depuis quelques années.
De 2005 à 2006, le nombre de naissances a fait un bond de 8 pour cent, puis un autre bond de 3 pour cent l'année suivante.
La décision du ministre Hamad devra d'abord être entérinée par le conseil des ministres avant de devenir officielle.
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