BECANCOUR - Pauline Marois reproche au premier ministre Jean Charest d'avoir été absent pendant qu'une crise secouait le quartier de Montréal-Nord.
Une émeute est survenue après qu'un agent du Service de police de la ville de Montréal ait abattu un jeune homme, Fredy Villanueva, au cours d'une opération policière, le 9 août.
En marge de la réunion de ses députés jeudi à Bécancour, la chef du Parti québécois a vivement critiqué le comportement de Jean Charest, qui n'a pas interrompu ses vacances pendant cette période d'agitation.
"Monsieur Charest a été complètement absent d'une crise majeure, et à mon point de vue, c'est le rôle d'un chef d'Etat de pouvoir être là lorsque se présentent des événements comme ceux-là", a-t-elle dit.
Elle a aussi reproché au gouvernement libéral d'avoir abandonné les gens les plus démunis.
"Où elle en est, cette loi contre la pauvreté, cette politique de lutte contre le racisme? On n'a pas entendu parler de ça. Dans certains cas, des situations deviennent explosives et il se passe ce qui est arrivé à Montréal-Nord", a dit Mme Marois.
Selon elle, le gouvernement Charest doit adopter un plan d'action et poser des gestes concrets à l'intention des quartiers sensibles de Montréal.
La chef péquiste a aussi plaidé pour qu'un organisme indépendant soit chargé de mener une enquête sur les événements de Montréal-Nord, plutôt que la Sûreté du Québec, "pour rassurer les gens et faire en sorte qu'il y ait apparence parfaite d'impartialité".
La ministre du Développement durable et députée de la circonscription de Bourassa-Sauvé, Line Beauchamp, a sursauté lorsqu'elle a pris connaissance des critiques de la chef péquiste qu'elle a qualifiées de "tentative désespérée de faire diversion à la suite des problèmes de son caucus".
Mme Beauchamp a précisé qu'elle avait interrompu sa tournée provinciale des parcs pour rentrer dans sa circonscription dès le lundi 11 août, en raison de la crise. Elle a rappelé que le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, était aussi revenu de vacances pour se rendre sur place.
"J'ai été au coeur du quartier et j'ai passé de nombreuses heures à rencontrer les citoyens, en plus d'être en contact régulier avec M. Charest", a conclu celle qui demeure à cinq minutes de marche du lieu des événements.
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