OTTAWA - Le procès pour fraude de l'ancien commissaire fédéral à la protection de la vie privée George Radwanski a débuté lundi à Ottawa par l'audition de témoignages accablants.
Radwanski, qui a quitté son poste sous pression en 2003, a omis de déclarer un prêt de 35 000 $ qu'il a obtenu de son chef de cabinet en 2001, comme l'exige le code fédéral en matière de conflit d'intérêts. Le prêt avait pris la forme d'une hypothèque sur la résidence de Radwanski.
La Couronne a dévoilé des détails de ce prêt, et aussi expliqué une avance présumée frauduleuse pour frais de voyage de 15 000 $ versée à Radwanski, et un paiement de 16 000 $ pour des vacances dont il n'avait pas encore acquis les droits.
Radwanski et son ancien bras droit, Arthur Lamarche, subissent leur procès en Cour supérieure de l'Ontario sous des accusations de fraude et d'abus de confiance. Tous deux ont plaidé non coupable.
Le responsable du code sur les conflits d'intérêts à l'époque, Howard Wilson, a déclaré lundi dans son témoignage que George Radwanski n'avait pas respecté l'obligation de signaler le prêt dans les 30 jours et ne l'avait jamais divulgué. En vertu du code alors en vigueur, les titulaires de charges publiques étaient tenus de dévoiler tous leurs avoirs dès leur entrée en poste, et de les mettre à jour, le cas échéant, auprès du bureau de M. Wilson.
Or, celui-ci a dit n'avoir eu vent de l'insolite prêt hypothécaire que beaucoup plus tard, quand les dépenses du commissaire à la vie privée ont fait l'objet de manchettes dans les médias, d'une enquête parlementaire et d'une enquête de la Gendarmerie royale du Canada.
Le procureur, Robert Wadden, a interrogé M. Wilson après avoir exposé la preuve de la Couronne contre les deux accusés, citant une longue liste d'états de frais, de dossiers bancaires et d'autres preuves qu'il soumettra au cours du procès, qui pourrait durer jusqu'à 15 jours.
Selon le procureur, ces documents et des témoignages démontreront que Radwanski abusait régulièrement des règles gouvernementales en matière de frais de réception et de représentation. Il soumettait souvent des demandes de remboursement de frais pour des repas où les seuls invités étaient des membres de son personnel, ou alors, son personnel soumettait des demandes de remboursement pour lesquelles George Radwanski était l'invité, a dit le procureur Wadden.
La théorie de la Couronne est que Radwanski "vivait et mangeait" aux frais de la population, a affirmé le procureur.
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