OTTAWA - Momin Khawaja avait dans sa mire un complot en vue de commettre un attentat terroriste en Grande-Bretagne à l'aide de fertilisant, et non un autre projet quelconque de mener une guerre sainte, a soutenu mercredi un procureur de la Couronne au procès pour terrorisme de Khawaja.
Selon David McKercher, qui concluait le résumé de sa preuve, le concepteur de logiciels d'Ottawa était déterminé à aider ses coconspirateurs, il y a quatre ans, à Londres. La majeure partie de la preuve dans cette cause est "directe et convaincante", a affirmé le procureur en Cour supérieure de l'Ontario.
L'avocat de la défense, Lawrence Greenspon, doit livrer son plaidoyer final vendredi et le procès pourrait prendre fin au début de la semaine prochaine.
Mercredi, Me McKercher a révisé la preuve présentée en cinq semaines, au cours de l'été, incluant des courriels, des enregistrements de conversations et des articles saisis au domicile de Khawaja. Il a dit au juge Douglas Rutherford qu'il suffisait d'examiner les déclarations de Khawaja dans ces messages et enregistrements pour être convaincu du bien-fondé de la poursuite. "Ses propres paroles le condamnent", a-t-il avancé.
Khawaja, qui a été arrêté en 2004, doit répondre de sept chefs d'accusation d'aide au terrorisme, dont une allégation à l'effet qu'il a fabriqué une commande de contrôle à distance devant être utilisée pour des attentats à la bombe, planifiés mais jamais mis à exécution, par des extrémistes islamistes au Royaume-Uni. Cinq de ses présumés coconspirateurs ont été reconnus coupables à Londres et condamnés l'an dernier à la prison à vie.
Selon le procureur, le groupe de comploteurs a soigneusement envisagé diverses cibles, cherchant le "coup parfait" pour faire avancer leur cause.
La Gendarmerie royale du Canada a dit avoir découvert la télécommande au domicile de Khawaja, en banlieue d'Ottawa. Des preuves recueillies par les services de renseignement britanniques indiquent que Khawaja a rendu visite à des gens impliqués dans le complot britannique et a discuté de technologie de commande à distance avec eux.
L'avocat de la défense dit que son client souhaitait combattre les forces occidentales en Afghanistan et non s'attaquer à des civils en Grande-Bretagne. Il allègue que rien ne prouve qu'il était au courant du complot londonien.
Le procès est perçu comme un test crucial de la Loi antiterrorisme du Canada, adoptée dans la foulée des attentats qui ont eu lieu il y a exactement sept ans jeudi, un 11 septembre, aux Etats-Unis.
Khawaja a plaidé non coupable à toutes les accusations.
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