OTTAWA - L'efficacité des programmes de placement en famille d'accueil pour les enfants vivant dans des réserves indiennes est remise en question par la vérificatrice générale du Canada.
Dans son rapport présenté mardi au Parlement, Sheila Fraser indique que, entre 1997 et 2001, le nombre de petits autochtones pris en charge a augmenté de 65 pour cent, passant de 5340 à 8791. L'an dernier, 8300 enfants autochtones avaient été retirés de leur famille, ce qui représente 5 pour cent de tous les enfants autochtones.
En 2007, le ministère fédéral des Affaires indiennes a dépensé 270 millions $ en aide sociale, ce à quoi s'ajoutent 180 millions $ en frais opérationnels. Le peu que l'on sait des résultats n'est pas très encourageant, indique le rapport.
Parmi les critiques formulées dans le document figure le peu d'informations disponibles sur la façon dont les services de placement fonctionnent et sur leur conformité aux critères provinciaux.
La vérificatrice générale souligne également la vétusté du mécanisme utilisé par le gouvernement fédéral pour subventionner les services offerts aux Premières Nations. Ce mécanisme, mis en place en 1988, attribue l'aide en fonction d'un pourcentage fixe et non du nombre réel d'enfants en difficulté. Selon Mme Fraser, ce mode de répartition n'a pas pris en compte les évolutions législatives, et son utilisation a créé des inégalités.
Le manque de crédits se fait particulièrement sentir dans les petites communautés et pour certains enfants présentant des besoins spécifiques.
"Nous avons trouvé que sur 108 agences subventionnées (par le ministère des Affaires indiennes), 55 fournissent une aide à moins de 1000 enfants vivant sur la réserve", note le rapport. Ces agences "n'ont pas toujours assez d'argent ou de compétences pour fournir aux enfants l'aide adéquate et ont aussi des difficultés de gouvernance, de conflits d'intérêts, de gestion et de formation".
Le manque de prévention est également montré du doigt. Il conduirait à une représentation plus importante des enfants des Premières Nations dans les programmes sociaux. En Colombie-Britannique, par exemple, la moitié des enfants pris en charge par les services sociaux sont autochtones, alors qu'ils ne représentent que 8 pour cent de la population de la province.
La pauvreté, la précarité du logement et les dépendances à l'alcool ou aux drogues sont les principales causes de la négligence. Le rapport souligne que le taux d'agressions sexuelles commises sur les enfants dans les communautés autochtones n'est pas supérieur à celui observé dans d'autres groupes.
Le ministère des Affaires indiennes assure qu'il prendra en compte l'ensemble des recommandations du rapport et prévoit de modifier son système de subventions d'ici à 2012.
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