Le ministre australien de la Défense Joel Fitzgibbon, de gauche à droite, son homologue canadien Peter MacKay et l'ambassadeur de Danemark auprès de l'OTAN Per Poulsen-Hansen posent pour une photo. LA PRESSE CANADIENNE /Mike Dembeck
CORNWALLIS, Nouvelle-Ecosse - Les ministres de la Défense des pays qui ont déployé des soldats dans la région explosive du sud de l'Afghanistan sont confiants que des élections pourront s'y tenir l'automne prochain, malgré la vague de violence qui déchire le pays.
Des représentants de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) ont également affirmé, vendredi, que des pourparlers avec les insurgés devront être conditionnels à l'abandon de toute violence et selon les conditions du gouvernement afghan.
"C'est conditionnel à l'abandon de la violence ainsi qu'au consentement d'un gouvernement afghan élu démocratiquement et un effort international visant à amener paix et sécurité au pays", a indiqué le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, qui était l'hôte de la rencontre.
Les responsables de la FIAS se sont rencontrés vendredi à Cornwallis, en Nouvelle-Ecosse, pour discuter des moyens de contenir la violence dans ce pays déchiré par la guerre. Le ministre MacKay et ses homologues estiment que la résolution du conflit implique nécessairement des moyens diplomatiques et militaires.
Les représentants de la FIAS ont également affirmé qu'une intensification planifiée des activités des troupes américaines présentes en Afghanistan, de même qu'une formation accrue des forces de sécurité afghanes, permettront de stabiliser les provinces du sud du pays d'ici le printemps et l'été prochains.
"Une des choses dont nous avons discuté, ce matin, était l'intérêt d'essayer de rassembler autant de forces que possible avant la tenue de l'élection, pour tenter d'assurer un environnement sécuritaire pour le vote en Afghanistan", a affirmé le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, à la suite de rencontres informelles qui se sont déroulées au cours des deux derniers jours.
Les rencontres ont rassemblé des représentants des pays présents dans le sud du pays, dont le Danemark et la Roumanie, et M. Gates était accompagné notamment des ministres de la Défense du Canada, du Royaume-Uni, de l'Australie, des Pays-Bas et de l'Estonie.
Il y a de plus en plus d'inquiétudes entourant le déroulement des élections prévues l'été prochain en Afghanistan. Elles pourraient être menacées par la propagation de la violence, surtout si elles ravivent les tensions ethniques et tribales du pays.
A l'instar du ministre MacKay, le secrétaire américain à la Défense a lui aussi affirmé que les négociations avec les insurgés pourront seulement avoir lieu si ces derniers reconnaissent la légitimité du gouvernement afghan et les efforts de la mission internationale.
Par ailleurs, l'arrivée de soldats américains supplémentaires au pays l'an prochain, promise par le président-élu Barack Obama lors de la campagne présidentielle américaine, a réjoui M. MacKay. Ce dernier a toutefois précisé qu'elle n'entraînerait pas un retrait des troupes canadiennes.
"Ca ne veut pas dire que nous déposerons les armes, a-t-il souligné. Il s'agit de renforcement, non pas de remplacement. Il s'agit de poursuivre un effort réuni de l'OTAN, que l'ONU appuie."
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