QUEBEC - La Ville de Québec, qui estime avoir perdu 2,6 millions $ en revenus parce que ses policiers émettent moins de contraventions qu'à la normale, a demandé au Conseil des services essentiels d'intervenir dans les plus brefs délais au nom de la sécurité des citoyens.
La municipalité considère que certains moyens de pression exercés par les policiers peuvent porter atteinte à la sécurité de ses citoyens. En décembre dernier, un nouveau grief patronal a été déposé au montant de 750 000 $. " Ce grief est progressif de mois en mois. Aujourd'hui, il est rendu à 2,6 millions $, plus 500 000 $ à titre de dommages punitifs et moraux", a expliqué le vice-président du comité exécutif de la Ville, Richard Côté.
Un autre grief du même genre avait été déposé par la Ville en avril 2005, au montant de 1,3 million $. " Ce grief est maintenant rendu à 2,9 millions $, plus 500 000 $ à titre de dommages punitifs et moraux. Au total, on réclame maintenant 6,5 millions $ (aux) policiers", a précisé Richard Côté. Les policiers de Québec émettent en moyenne entre 12 et 14 millions $ en contravention par année.
Outre l'aspect financier, le conseiller municipal estime qu'un tel comportement de la part des policiers met carrément la sécurité des citoyens en danger. " Les gens savent qu'ils peuvent rouler plus vite ou passer sur un 'stop'. Quand il n'y a pas de surveillance policière, c'est certain qu'il y a une influence sur le comportement des conducteurs", a ajouté Richard Côté.
Le syndicat, pour sa part, affirme qu'aucune directive en ce sens n'a été émise à ses membres. Il attribue plutôt la diminution du nombre de billets d'infraction émis au manque de motivation des policiers. "Nos policiers sont démotivés depuis un certain temps à cause de certaines sorties du maire et de la façon dont se déroulent les négociations. Il n'y a jamais eu de mot d'ordre pour donner moins de contraventions", a expliqué le vice-président de la Fraternité des policiers de Québec, Marc Richard.
En plus de la diminution du nombre de billets d'infraction émis, la Ville considère que le manque de communication entre les policiers syndiqués et les officiers cadres cause problème. Depuis un certain temps, les policiers quittent les rassemblements quotidiens lorsque des inspecteurs ou des capitaines, qui ne font pas partie de l'accréditation syndicale, s'y présentent. Plusieurs n'adresseraient plus la parole aux officiers cadres et refuseraient de façon systématique les remplacements à des grades supérieurs. Cette façon de faire empêcherait les gestionnaires de gérer adéquatement le service de police. "On a peur que le manque de circulation de l'information touche la sécurité des citoyens", a expliqué Richard Côté.
Cet argument ne tient pas la route, selon le syndicat. " Les commandants et commandants-adjoints n'assistent pas systématiquement à chaque réunion. Le soir et la fin de semaine, ils ne sont pas là et les réunions ont lieu quand même. Lorsqu'ils y assistaient, c'était pour faire de la socialisation. C'était rare qu'ils émettaient des directives de vive voix. Lorsqu'ils ont des directives à émettre, ils les transmettent par courriel aux lieutenants", a répliqué Marc Richard.
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