L'avocat de Khadr, le capitaine de corvette William Kuebler. LA PRESSE CANADIENNE/Tom Hanson
WASHINGTON - Le juge militaire américain Peter Brownback a rejeté mercredi les arguments de la défense selon lesquels Omar Khadr était mineur au moment des faits qui lui sont reprochés et ne peut être jugé par un tribunal martial.
La décision du colonel Brownback a fait tomber le dernier obstacle qui empêchait la tenue du procès pour terrorisme du Canadien, âgé de 21 ans, et qui devrait commencer cet été sur la base navale de Guantanamo.
L'avocat de la défense, le lieutenant-commandant William Kuebler, maintient que le tribunal militaire américain viole un protocole des Nations unies - signé par les Etats-Unis avant la capture de Khadr - protégeant les individus de moins de 18 ans impliqués dans un conflit armé.
Les associations de défense des droits de la personne partagent ce point de vue et avancent que Omar Khadr pourrait devenir le premier enfant soldat de l'histoire moderne à subir un procès pour crimes de guerre.
Le colonel Brownback soutient, avec l'appui du département américain de la Défense, que la modification de la législation par le Congrès en 2006 rend possible les procès pour terrorisme quel que soit l'âge.
Selon William Kuebler, seule une intervention d'Ottawa permettrait de soustraire Omar Khadr à la justice militaire américaine.
"Si le gouvernement canadien n'agit pas, Omar va être condamné pour un meurtre qu'il n'a vraisemblablement pas commis et risquer une condamnation à vie", a-t-il déclaré.
Omar Khadr est accusé d'avoir lancé une grenade et causé la mort d'un soldat américain en 2002.
Des témoins contredisent la version officielle et affirment que Khadr n'était pas le seul à être en mesure de lancer la grenade. Me Kuebler a même suggéré que le soldat aurait pu être victime d'un tir ami.
Le chef libéral Dion, qui a rencontré Me Kuebler mercredi, réclame lui aussi l'intervention d'Ottawa.
"Omar Khadr est innocent tant que sa culpabilité n'a pas été établie et doit bénéficier des mêmes droits et procédures que tout citoyen Canadien affrontant un procès", a-t-il maintenu.
Une étude récente montre que seulement un tiers des Canadiens croient que le procès d'Omar Khadr sera équitable, mais seulement 43 pour cent d'entre eux pensent qu'il devrait être rapatrié au Canada.
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