OTTAWA - Depuis quelques semaines, les députés conservateurs se font un devoir de narguer le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, tout juste avant le début de la période des questions à la Chambre des communes.
Ils font usage de leurs dernières interventions pour se lancer dans une guerre psychologique apparemment destinée à déstabiliser le chef libéral au moment où il s'apprête à se lever pour poser la première question.
Cette tactique a peu d'impact, selon le politologue David Docherty, de l'Université Wilfrid Laurier, en Ontario. Mais ce n'est sûrement pas l'avis des conservateurs, qui l'utilisent de manière répétée depuis le début du mois d'avril.
M. Docherty a dit craindre que ces attaques quotidiennes à l'endroit de Stéphane Dion fassent en sorte de réduire la qualité des débats parlementaires, et a estimé que la tactique pourrait se retourner contre les conservateurs. Selon lui, les citoyens pourraient questionner la pertinence de s'en prendre continuellement à M. Dion, qui n'est finalement "que" le chef de l'opposition officielle.
Mardi, le député conservateur de St. Catharines, Rick Dykstra, a utilisé sa dernière intervention pour accuser le chef libéral de vouloir dépenser des milliards, augmenter les impôts et pousser le pays dans les déficits. "Il y a un individu qui veut faire s'écrouler l'économie du Canada, a lancé M. Dykstra. Qui est cet individu? Celui qui s'apprête à se lever dans cette Chambre."
L'académique chef libéral n'a jamais semblé confortable dans l'ambiance très partisane de la période des questions. Les dernières interventions des parlementaires donnent normalement à ceux-ci l'occasion de soulever des questions d'intérêt régional ou particulier. Les conservateurs ne sont toutefois pas les premiers à utiliser ce temps de parole pour lancer des attaques contre leurs adversaires, mais la tactique systématique et ciblée qu'ils semblent avoir adoptée depuis quelques semaines est unique. En fait, ils donnent l'impression que leurs interventions sont dictées par le parti.
Pour l'essentiel, leur message quotidien est que Stéphane Dion est un leader mou et sans principe qui a reculé à maintes reprises dans son intention de faire tomber le gouvernement conservateur.
Les libéraux insistent pour dire que ces attaques répétées n'ont aucun effet. "Cela fait partie de la joute politique", a commenté le député libéral de Toronto-Centre, Bob Rae.
Les conservateurs ont refusé de commenter.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne