TORONTO - Les autochtones ont tout à fait le droit de réclamer de meilleures conditions de vie et d'éducation et sont poussés à perturber l'ordre public par un gouvernement fédéral inattentif à leurs besoins, a déclaré jeudi l'ancien premier ministre du Canada, Paul Martin.
M. Martin a participé jeudi, à Toronto, à une conférence sur l'aide au développement économique aux communautés autochtones. Il a dit soutenir le droit de tenir des manifestations non-violentes, même si elles indisposent la population.
L'ancien premier ministre du Canada a soutenu en entrevue qu'il s'agit parfois de la seule façon de faire entendre sa voix.
L'Assemblée des premières nations a prévu une journée nationale d'action le 29 mai pour attirer pacifiquement l'attention sur la question autochtone. Mais la journée d'action organisée l'année dernière avait été marquée par le blocus d'une ligne de chemin de fer et d'une autoroute dans l'est de l'Ontario.
Personne ne souhaite qu'il y ait des blocus et des occupations, a soutenu M. Martin, mais ces agissements sont le reflet de l'inaction du gouvernement fédéral sur les questions autochtones et les revendications de territoire.
L'ancien premier ministre du Canada a dit être déçu de voir que le gouvernement conservateur refusait de reconsidérer sa position sur l'Accord de Kelowna, une entente de 5 milliards $ négociée par le précédent gouvernement libéral, les leaders des premières nations et les premiers ministres des provinces qui visait l'amélioration générale de la qualité de vie des autochtones.
A la place, le ministre des Affaires indiennes, Chuck Strahl, a argué que son gouvernement préconisait une approche ciblée pour accélérer les négociations territoriales et pour dépolluer les eaux.
La population doit s'attendre à davantage de protestations dans l'avenir car les autochtones sentent de plus en plus que c'est leur seule solution, a souligné l'avocat Jason Madden, qui représente la nation métis de l'Ontario. Selon Me Madden, il arrive un moment où la frustration est telle au sein des communautés que les gens se disent qu'ils n'ont rien à perdre.
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